Le Vieux (le petit garçon) et son père, Bouyé
Du spagetthi home made (en fait, plus la sauce que les pâtes !)
Faire du vélo avec le vent frais et l’air marin du fleuve
Mon chat !!
Une soirée BBQ avec la famille et le cook du BBQ (David !!)
Le P.P. en été
Prendre une bière autour d’un feu de camp, à faire griller des Doritos et s’émerveiller devant les prouesses de David et les light sticks éclatés!
Mon chat !!!
Les lacs et rivières du Québec
Les fous rires avec David et mon père ! Qui réussira le plus à me faire rire… ?
Je m'ennuie de mon frère je crois aussi!! J'ai hâte d'aller prendre une bière su vot' nouveau perron!
Mercredi, c’était férié. Je l'ai appris le mardi matin, en arrivant au labo. Ça faisait bien mon bonheur, les levers à 6h à tous les matins commencent à être lourds. Surtout quand aucune fraicheur ne règne dans l'air, la douche n'est plus rafraichissante, les courants d’air ne font qu’amené encore plus de chaleur, les maux de cœur m'habitent pendant au moins la première heure de la journée... Dans ce temps-là, je n'ai le goût de rien, la sueur coule et coule encore sur mes tempes et entre les seins... Mon corps ankylosé par la chaleur intense ne réclame que mon lit avec une serviette mouillée et mon ventilateur!!! C’est comme ça que s’entament mes journées à Bamako. Plus les heures avancent, plus mon corps se réchauffe et s’assouplit. Je me réveille tranquillement et lorsque je sors de la concession, je n’ai guère le choix d’être prête à affronter la vie ! Klaxon, passants déambulant avec leur charge sur la tête, trous de bouette, senteur fraîche de caniveaux matinale, odeur de frou-frou bouillant dans l’huile. Mon nez est sursollicité et travaille très fort à démêler le bon du mauvais. Normal que j’aie si mal à cet endroit ! Je me demande si je pourrai à nouveau sentir des odeurs subtiles et agréables telles que l’air du fleuve, l’air humide de nos forêts, le bois fraîchement coupé, le linge fraîchement sorti de la sécheuse avec une feuille d’assouplisseur (même si je ne veux pas de linge fraîchement sorti de la sécheuse !)… Et même, j’aimerais 100 fois mieux sentir le fumier québécois, qui pour moi est pur à côté de ce à quoi je suis exposée ici !
Malgré cette chaleur qui fait bouillir mon cerveau, je crains encore et encore le départ. J'ai l'impression que c'est hier encore que j'ai déposé mes valises pour la première fois dans la troisième chambre à partir de la droite à la concession. Que c'est hier que je ne voulais pas les défaire parce que l'excitation et la frénésie de cette nouvelle aventure m'en empêchaient!! J'ai l'impression que c'est hier que j'ai dit "enchantée" à Abdoulaye, Sadjo, Fatoumata, Baba, Koso, Kadi, Adam, Awa... Ma famille! Et déjà demain, je leur dirai aurevoir. "Donnez-moi le courage d'accepter les choses que je ne peux changer, la force de changer celles que je peux et la sagesse d'en connaître la différence" (pensée de maman!) Hier, j'ai fait la connaissance de Lucie. Ancienne CFCIste (est-ce que je peux dire ancienne, on ne l'est pas toute sa vie?) super gentille qui a fait son stage au Mali, à Bamako et qui vivait à la concession, chambre voisine de la mienne en automne 2007. Elle est de retour au Mali pour quelques mois, elle est accompagnatrice pour un groupe de Québec Sans Frontière. Elle, elle a trouvé la manière de revenir! Moi aussi je veux faire ca! C’est un des éléments motivateur qui m’encourage à partir, je sais que j’ai une possibilité de revenir un jour !
Décompte rendu à 3 semaines de stage… Je suis loin de mettre des "X" sur mon calendrier pour compter les jours avant la fin, au contraire, je m'éloigne du calendrier pour ne pas voir les jours défilés à cette vitesse..! Je ne réalise pas que je devrai revenir au Québec et que mon quotidien ne sera plus celui-là, que j'aurai une nouvelle routine, loin de celle que j'ai actuellement... Je vais m'y faire, j'en suis sure... Il y aura par contre une réadaptation à faire à mon Québec, que j’aime !
Et mon retour est aussi en préparation, à distance. On nous a dit que c’est important de bien le préparer, afin de bien réintégrer sa culture… C’est en marche déjà ! Il y a bien du nouveau et du nouveau motivant pour le retour en terre louperivoise… Pour débuter, en primeur, je ne l’avais pas encore annoncé au grand public, c’est le retour un peu plus hâtif que prévu ! La date exacte n’est pas fixée, je vais en discuter avec ma future partner de voyage dans le mois de mai, lors de notre séminaire d’insertion. Puis, à l’automne, c’est un nouveau départ pour moi, un nouveau défi ! Je réintègre la place sur les bancs de l’école, cette fois sur les bancs universitaires !! J’ai vraiment hâte de recommencer l’école, cela m’enchante et me motive… Pour le mois de septembre, j’ai de nouveaux plans qui commencent dans une nouvelle ville et un nouvel appart, wow!! Mais, j’en connais encore peu sur la question : « où ? » ! Ce qui est sûr, c’est que je retourne à l’école et je trouve ça motivant comme retour ! Parce que ça fait changement et j’aime le changement ! J’ignore quand je pourrai être stable dans ma vie, avoir une profession qui m’occupe de 8h à 16h quotidiennement et 3 semaines de vacances par année… Ca m’angoisse juste à y penser ! Et voici pourquoi je suis rendue ici !
Le week-end dernier en fut un typiquement bamakois! Je vais au marché avec Koso, à la recherche de bazin. C'est beau le bazin, mais c'est cher! Achat de photos-modèles, achat d'un foulard, puis visite chez le tailleur! Chez le tailleur, c'est fou! J’ai les yeux écarquillés qui regardent partout et je suis éblouie par tous les beaux costumes… Je me mets à m’imaginer portant l’un d’eux… J'ai trop d'idée, subitement, je veux plein d'habits! Je veux une garde-robe malienne! Des couleurs qui ne sont pas vraiment agencées, des tissus aux couleurs de l'arc-en-ciel et plus encore et ornés de motifs tous aussi originaux les uns des autres, des hauts 4 fois trop grand, des foulards coiffant la tête de ces chères dames si fières... Voilà en résumé comment on s'habille ici. Je n'aimais pas ca, vraiment pas. Et je me retrouve aujourd’hui, envieuse de ces accoutrements! Je me retiens par contre, par chance pour vous ! Je sais qu'au Québec, j'aurais l'air d'un clown, un beau clown! Et les hommes avec leurs habits traditionnels... Ha ha! Ils ont l’air d’être en pyjamas! Mais, c'est beau! Après la rêverie, je discute avec le tailleur. Je termine enfin de lui expliquer ce que je veux. Il prend mes mesures et il m’invite à m’asseoir, en attendant qu’il termine l’habit de Koso. Je suis épuisée, il fait chaud, très CHAUD! De midi à 15h, les activités sont pénibles, tous les gestes sous le soleil sont calculés en fonction de conserver le plus d’énergie possible et de ne pas surchauffer son système. C’est laborieux, voire même dangereux de déambuler en plein soleil dans ces heures. Il faut s’assurer d’avoir accès à de l’ombre régulièrement. Chez le tailleur, il est 14h30. Nous venons de faire toutes nos commissions dans les pires heures de la journée. Je regarde Koso qui essaie ses vêtements et tranquillement, je sens que mes paupières deviennent lourdes et se ferment involontairement… Je me repose les yeux un peu... Et j'entends "Eh, toubabou! Sonogo be la?" (Eh l'étranger, tu t'endors?), d'une voix assez forte pour être certain que je me réveille!! Je remarque ici que l’on n’accorde pas trop d’importance à celui qui se repose. Si on le réveille maintenant, ce n’est pas grave, puisqu’il pourra se reposer plus tard. On a le temps ici. Ma sieste est terminée, on part, on retourne enfin à la maison sous les moins chauds (mais tout de même chauds) rayons de soleil !
Le week-end d’avant, j'ai eu la chance de vivre un vrai week-end à l'africaine!! Plein de péripéties, heureusement en bonne compagnie et encore en vie!! Le vendredi soir, je me suis rendue à Kati, rejoindre Chloé et Chantale. On a mangé ce que Mme Sissoko avait cuisiné pour nous. Il s’agissait de chacun 2 patates, très huileuses, dans un liquide majoritairement composé de magie (base de poulet extrêmement salée et avec beaucoup d'agent de conservation, qui rend le tout difficile à digérer...). C'est leur souper, quand ce n’est pas frites-salade ou des haricots… Elles n’ont pas beaucoup de variété ces katoises… La samedi matin, très tôt, nous sommes partis vers Siby. Pour nous faire plaisir, le collègue de Chantal, Bouyé, qui nous a amené là avec sa voiture, a insisté pour nous montrer l'arche de Siby au sommet d'une colline, toujours à bord de sa voiture... C’était une route très cahoteuse, escarpée et parsemée de nombreux gros cailloux… Résultat (prévisible): le réservoir d'huile troué et l’huile répandue sur la terre, le silencieux fortement abîmé et 3 toubab qui poussent la voiture jusqu'au goudron, entourés des enfants riant de bon cœur en nous voyant à l’œuvre ! Par chance, la voiture est tombée en panne juste après la descente de la colline, car sans les freins, la descente aurait été un peu plus agitée ! Heureusement, nous avions un farafi (noir) avec nous, ce qui nous aidait à un peu moins faire rire de nous!! Bilan de la journée: Attente interminable au garage (faut le dire vite, petite pente près du goudron avec plein de voiture et moto en réparation), avec petite sieste, repas délicieux au restaurant «
Chèvre de Siby, mangeant le crâne de sa soeur!
En ce moment, je suis dans un cyber, un nouveau depuis la chicane avec celui à côté de la maison. Je n'ai pas été stratégique dans ces actions-là... Parce que celui où je me retrouve présentement, il est à plus de 10 minutes de marche de la maison… Tandis que l’autre, j’avais seulement 2 goudrons à traverser pour arriver... J'assume mes actes! Et maintenant, je marche plus longtemps pour me rendre au cyber! A 16h, y’a pas de problème, mais à 14h, y’a des problèmes ! Alors tout ça pour dire que dans le cyber, depuis le début que je suis ici, le gars assis à côté de moi n’arrête pas de me parler. Après 4-5 phrases pour se présenter et s'introduire, il me demande: "eh, pourquoi on ne sort pas ensemble?" Non, mais c'est vrai, j'y avais pas pensé, pourquoi?! Bonne question! Et là, voila qu'il me demande (et j’ai peine à l’entendre tellement il ne parle pas fort) : « ça ne vous embête pas que je regarde ça ? » et il me pointe l’écran montrant des scènes porno en pleine action !! Ha ha !! Je ne me peux plus ! J’imagine une scène comme ça au Québec ! C’était sûrement pour me provoquer j’imagine. Je n’accroche pas ! Je me sens mal pour lui !
Ici, quotidiennement, je pratique ma tolérance, et mon indifférence face à des choses que je ne peux pas changer, aux contraintes humaines je devrais dire! L'attente, le changement d'horaire sans préavis, la planification d’une journée, d’une semaine, d’une vie minute à minute… ! Ce sont les réalités d’ici ! Je veux me souvenir de la souplesse dont j'ai très souvent fait preuve, je veux me souvenir de la manière dont j'étais prête à faire des compromis et à m'adapter aux changements... Qualités d'une québeco-malienne à conserver à tout prix, à se remémorer chaque fois que l'occasion se présentera, en cas de besoin... Ils sont faits fort ces Maliens pour, jour après jour, faire fi de ces conditions qui sont loin d'être facile au quotidien, croyez-moi !
Je vous dit Kambé mes amis!!
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