jeudi 9 juillet 2009

... Et le retour!

Il y a un peu plus de 72h que j'ai mis les 2 pieds à la maison. Les 2 pieds sont à la maison, mais l'esprit, vous le devinez sûrement, n’est pas encore arrivé…! En ce moment, je suis une québéco-malienne... Je suis certaine que je suis québécoise, mon père et ma mère le sont !! Je suis certaine aussi que je suis malienne, cette culture me manque trop et m'a trop marquée. Jamais je n’ai été imprègnée d’une culture de cette manière. Jamais mon coeur a été aussi déchiré de quitter des gens que j’aimais de cette manière…

Le voyage au Maroc s’est bien terminé, sans trop d’embûche. Je n’étais pas triste de quitter ces gens qui m’appelaient constamment ‘‘rasta’’ à cause de mes tresses… Ça commençaient à être lourd sur le moral et la bonne humeur se dissipait au fur et à mesure que j’entendais ce surnom ! Pendant que j’étais encore à Bamako, j’aurais donné beaucoup pour ne pas faire cette escale de 10 jours au Maroc. Malgré tout, je réalise maintenant que le voyage au Maroc a été bénéfique… Il m’a permis de faire un genre de deuil avec le Mali et la séparation fut probablement plus douce et moins drastique…

Je m’ennuie beaucoup des gens de mon entourage, de mon milieu de stage à Bamako et des autres CFCIstes !! Les liens créés ont été vrais et plein d’amour, d’amitié, d’attachement… Tout ça me fait réaliser à quel point cette petite aventure qu’est le CFCI, qui a commencé innocemment au mois de septembre 2008,impliquant un petit neuf mois dans ma vie, a marqué ma vie à jamais. C’est drôle de penser que 9 mois peuvent demeurer inscrit à jamais dans mon cœur et que plus jamais je ne vais parler sans parler de cette Afrique ! Gare à vos oreilles !

Je retiens que du bon de cette expérience. Si un jour quelqu’un me demande mon avis sur cette aventure, je n’hésiterai pas du tout à lui recommander !! Ce voyage et cette expérience de travail m’ont permis de constater des faits que je ne connaîtrais pas si j’étais restée à Rivière-du-Loup. Je trouve tout cela très positif et le cheminement parcouru en 9 mois de ma vie n’a pas son pareil ! Ce que j’espère maintenant du plus profind de moi, c’est de garder ces belles valeurs et de les partager à tous ceux qui veulent bien les partager avec moi !

Pour l’instant, ça va assez bien. Je n’ai pas revu beaucoup d’amis, je prends mon temps ! Je suis déjà aller passer quelques temps à mon ancien emploi qui sera celui de l’été aussi. Ça m’a fait du bien de reprendre contact avec du ‘‘connu’’. Les filles à la clinique vétérinaire étaient contente de me revoir, ce qui me fait bien plaisir. Je recommence officiellement à travailler là la semaine prochaine.

D’ici là, j’ai du pain sur la planche ! Je veux terminer de défaire mes valises, faire le ménage dans les nombreuses photos prises pendant les 5 derniers mois et demi ! Et je dois m’occuper de tous les petits tracas de la vie qui ont continué, même en mon absence ! J’ai beaucoup d’affection à donner à mon chat et à recevoir, afin de rettraper tout ce temps où l’on a été éloigné!!

En cette fin d’aventure, je voulais remercier sincèrement tous ceux qui ont pris le temps de me lire sur le blog. Je sais bien que parfois ça prenait beaucoup de votre temps, mais moi, ça me faisait tellement de bien de partager tout cela avec vous, pouvoir l’écrire et l’exprimer librement ! Une expérience comme celle-là vaut la peine d’être vécue et partagée, elle devient plus riche ainsi !

Donc officiellement de retour chez moi, je vous salue ! Au plaisir de se revoir bientôt !! N’hésitez pas à m’écrire pour avoir d’autres informations ou simplement pour échanger davantage sur cette expérience ! (vquiriou@yahoo.fr) Ça me fera plaisir de parler de ce voyage de long en large!

KAMBÉ !!!

Aminata Coulibaly
XXXXX

Des photos sont à venir...

vendredi 3 juillet 2009

la fin...

Vendredi avant le grand départ, journée plus que moche!! Je l'ai passé à dormir à cause de maux d'origine inconnue...

Espérons que demain sera mieux, c'est la journée plage, magasinage, bagage, visite et tout dernière minute!

C'est le dernier mot que j'écris de si loin. Par contre, je ferai le point dans un éventuel message.

Arrivée au Québec prévue dimanche soir à 18h35, à l'aéroport Pierre-Elliott Trudeau avec Royal Air Maroc, en provenance de CasaBlanca. Je redonne des nouvelles dans la ou les journées suivant mon arrivée. En espérant vous voir bientôt!!

lundi 29 juin 2009

musique gnaoua

Je suis encore au Maroc, encore à Essaouira, où on a eu une grande chance de tomber sur le festival de musique Gnaoua et de musique du monde. Nous avions prévu venir ici la semaine dernière sans savoir qu'il y avait ce festival. Nous l'avons appris la veille du départ de Casablanca et c'était un super beau festival! Il y avait au moins 4-5 scènes partout dans la ville, surtout dans la médina et 2 sur la plage. C'était comme mon Woodstock, mais en beaucoup moins cher parce que tous les spectacles étaient gratuits. Il y avait au moins 25% des spectateurs qui avaient des dreds et il y avait encore plus de beau monde! ;P Non mais sérieusement, ce fut un très beau festival, où on s'est beaucoup amusé.

La ville d'Essaouira est superbe. La mer et le port bordent un côté de la ville. Moi et Claudia on s'est beaucoup promené et on a vu tellement de belles choses!! On ne veut plus partir d'ici!

La température est très agréable encore! C'est le soleil qui réchauffe ma peau, l'eau de la mer est froide, mais tellement bonne!! Je suis allée me baigner à 2 reprises. J'ai vu par contre qu'il ne faisait pas encore aussi chaud au Québec!!

Alors sur ce, nous on continue notre petit voyage. On est bien relax, demain on va aller à la pêche, ce sont les plans pour mon aniversaire!!

à Bientôt!!

vendredi 26 juin 2009

Morocco!

Viva le Maroc mes amis!! On mange bien, il y a du très beau monde et on se fait un peu moins remarqué dans les rues, malgré qu'on nous regarde quand même beaucoup. Mais au moins, on ne nous appelle pas toubabu!

Nous avons quitté le Mali dans la nuit du 23 au 24 juin. J'ai bien pensé à vous mes chers québécois en cette nuit de notre fête nationale!! ça été difficile, vraiment difficile de partir. Au moins, je partais en même temps que 2 autres CFCIstes, dont une qui continuait directement sur Montréal. Moi, je suis maintenant rendue avec Claudia, car Roxane est allée se la couler douce en France. On se retrouve sur l'avion du retour!!

Nous sommes arrivés à Casablanca le matin du 24 et j'ai eu les blues toutes la journée. Je ne comprenais pas pourquoi j'avais quitté mon univers si stable, connu et rassurant de Bamako. Et les gens que je connaissais et aimais... C'est ici au Maroc que j'ai véritablement pris conscience que cette aventure qui a occupé 5 mois de ma vie était maintenant terminé. Il y a certe d'autres possibilités de retourner un jour visiter mes maliens, mais jamais cela ne pourra être pareil. Et ça me fait mal d'y penser.

Mon âme, fractionnée à mon départ du Mali, reprend tranquillement des forces. Parce que le Maroc est aussi très bien! Nous sommes à Essaouira au moins pour le week-end. Il y a un festival du musique du monde. Il y a aussi la plage! Mais malheureusement, c'est un peu froid... C'est très beau. On mange comme des défoncées, c'est seulement trop bon et les jus d'orange fraichement pressée à 5 dirhams (75 cents)!!! Et oui Amélie, j'ai goûté à ce bonheur!! C'est bon le Maroc, la fraîcheur, les douches chaudes, ma peau frissonne! Il y a tellement longtemps!

On a pas d'itinéraire fixe, on erre, on se repose, on va là ou le vent nous mène et à date, il nous a mené à une bonne place! Je déconnecte lentement du Mali, c'est une bonne transition. Mon coeur sera moins chagriné que si j'avais fait le trajet directement. Et cela minimise certainement le choc du retour!

Je pense à vous! J'ai hâte de vous revoir! Je me gâte un peu, profite des ces dernières journées de liberté et de "sans obligation"! Ce sont mes vacances!

A très bientôt!! Le 5 juillet!

xxxxxx

jeudi 18 juin 2009

Préparation retour

Je suis enfin arrivée à Bamako!! De retour dans ma ville, chez nous... Enfin presque chez nous! Tout cela pour me rappeler que le vrai chez moi est de plus en plus près!! Triste, mais je suis rendue là. Et... "ça va aller"!!


Alors, je suis revenue ici dimanche dernier, avec Roxane, compagne que j'ai retrouvé à Bobo Dioulasso la semaine dernière! Bobo, c'était de belles vacances. J'étais avec Chloé et Chantale, les filles que je suis allée rejoindre sur un coup de tête. Elles ont quitté le mardi matin de la semaine dernière. J'étais seule et je souhaitais revoir Salif, ami des CFCIstes, mais je n'avais pas son numéro de contact... Par hasard, il m'a trouvé au cyber! Alors on s'est dirigé ensemble pour prendre Roxane à la gare routière TCV. Elle était pas très bien... Depuis Ouaga, elle a été pas mal malade, bactéries intestinales et ulcères de fesses!!! Eh oui! C'est vraiment sérieux! (Je partage ça avec mes amis ma belle, mais c'était rendu un sujet assez ouvert avec toi, alors y'a pas vraiment de gêne à continuer à en parler! :-P ) Les ulcères de fesses, c'est la conséquence des 2 jours à se faire taper le cul sur les dromadaires! Non, mais c'était pas jo-jo... Le mardi, à son arrivée, on s'est promené avec Salif dans BObo. Le soir, on voulait aller au cinéma... Mais, il n'y en a pas à Bobo. Il y a par contre le CCF (Centre Culturel Français) où l'on diffuse parfois des films. Ce soir là, il y avait un film (dont je me rappelle plus vraiment du titre, malgré que je me l'ai fait répéter au moins 20 fois par Salif!, mais il y avait "[...] et l'écoute et quelques étoiles..." dedans. On a décidé d'aller voir ce film et Roxane (dû à une grande difficulté à s'asseoir sur son postérieur!!) ne nous a pas accompagné.


Vers 20h, j'ai retouvé Salif en face de notre hébergement. On s'est dirige vers le CCF et en route, une histoire "qui n'arrive qu'aux autres" m'est arrivé! Je marchais avec mon sac (genre sacoche) accroché en bandouillère. C'était dans une rue vraiment calme où on a croisé personne. C'était sombre. Tout à coup, j'ai entendu des pas derrière moi et en une fraction de seconde, on m'a volé mon sac qui contenait 100 000 F Cfa (250$), mon appareil photo (avec toutes les photos de nos excursions dans le désert) et ma bible de l'Afrique de l'Ouest... Je n'ai jamais crié aussi fort, longtemps et aigu dans ma vie que ce soir là!! Salif a tout de suite vu ce qui s'est passé et il s'est mis à courir sans se poser une seule question, au risque de sa vie, parce qu'il y a de véritables risques à poser cette action là. Croyez le ou non, il a rattrapé mon sac! Avec tout ce qu'il contenait!! J'était complètement sur l'adrénaline avec des larmes coulant de peur et de joie d'avoir récupéré une partie de ma vie si importante en ce moment!! Je lui ai été et lui suis encore très reconnaissante, je ne croyais pas à ça! Salif me rassure qu'il n'y a pas de danger pour lui d'avoir commis ce geste, mais moi, je suis inquiète pour lui... Cependant, le malfaiteur est dans une position encore pire que Salif, car le vol peut se terminer en lapidation pour le coupable s'il est vu ou dénoncé. Une CFCIiste l'a vu de ses propres yeux à Ouaga. Après avoir raconté l'histoire à Roxane, je me demandais si c'était une bonne réaction (réaction si spontanée) que de crier si fort. 250$ et des souvenirs photos valent-ils la mort d'un homme? Je suis persuadée que non, mais pourquoi a-t-il commis ce geste en toute connaissances des conséquences?


Le lendemain, je ne me rapelle plus trop ce qu'on a fait... Mais on m'a fait des tresses... Encore! Je me sentais tellement redevante envers Salif, qui n'attendait tellement rien de moi! Le soir, on a été au resto, avec lui. C'était comme la fête pour moi et Roxane, c'était des retrouvailles, parce qu'elle allait mieux et en plus ça faisait 2-3 jours qu'on ne s'avait pas vu. ça fait du bien!! On était contente de se retrouver après ces quelques jours de séparation, qui ne furent pas facile pour ni une ni l'autre!! Le souper au Dankan était un véritable délire, sous le regard de notre ami Salif, qui ne savait pas s'il devait rire ou se cacher afin qu'on ne le voit pas avec nous!!


On est partie le lendemain en début d'après-midi et on s'est dirigé vers Ségou. On avait très peu visité Bobo, la fatigue culturelle se faisait trop sentir. Depuis le désert et jusqu'à aujourd'hui, je n'ai plus le goût de me forcer à sortir, à découvrir. L'esprit a eu sa dose. Et je regrette bien les pays Dogons. Mais au fond de moi, je sais qu'il y a forcément une raison pourquoi je n'y suis pas allée. Ce n'est que partie remise!!


Le trajet vers Ségou a été le 2e plus pénible après celui du retour du désert. Ca été tellement long et chaud! Mais on en était rendu là! On a enduré... Parce que "rendu là"!! On a logé dans la mission catholique de Ségou. C'était une place des plus macabres que j'ai vu! Ca faisait vraiment peur!! On logeait dans une chambre qui ressemblait à une salle de prison, mais avec un toit cathédrale en brique... Et j'avais peur d'aller au toilettes, parce qu'elles étaient tellement loin de la chambre et le chemin pour s'y rendre était sombre et tout le long du corridor, il y avait des chambres aux portes fermées, dont nul ne sait ce qu'il y a derrière! Nous étions les seules à loger dans cette immense place! Le lendemain, "p'tit boutte de bounce"! (petit moment de bonheur). Quelqu'un nous a prêté sa moto pour la journée! Encore une fois, on s'est gâté, nous sommes allées manger au resto, de la pizza! Puis, le cirque des guides a recommencé! C'était trop beau et trop tranquille pour croire qu'on pouvait passer la journée calmement, seulement moi et Roxane! C'était en visitant tranquillement les marchands de poteries que ça commencé. Après de longue discussions, on s'est finalement encore fait convaincre! Après avoir longuement discuté, on a finalement eu un trajet en pirogue (pinasse) sur le Niger et une bellejournée dans le village potier.

En ce moment, je suis en préparation du retour. Mon avenir à court et moyen terme est pratiquement tout décidé!! Ma date de retour officielle est le (roulement de tambour...!) 5 juillet. J'arrive à l'aéroport Pierre-Eliott Trudeau le 5 à 18h30 avec Royal Air Maroc, avis à tous les intéressés qui sont près de là!! Par contre, j'ai déjà mon occasion de retour et je rentre directement à Rivière-du-Loup city, si Dieu le veut!!

Je passe du très bon temps à Bamako. On s'occupe tellement bien de moi. Je loge gratuitement chez une tantie qui est juste trop gentille! J'ai une très grande chambre, qui est plus grande que la mienne, avec accès à une vraie toilette et douche!!

Je dois déjà arrêter le message là, car mes minutes sont finies! Je pars au Maroc mardi soir prochain soit dans la nuit du 23 au 24 juin, si mon vol a lieu... Je vous redonne des nouvelles de là probablement!!

tchow!! xxxxxx

lundi 8 juin 2009

D'aventures en aventures

Quelle semaine haute en aventures!!

Je suis de retour du désert depuis lundi dernier. Ce voyage s'est avéré des plus hauts en émotions!! Malgré les péripéties à plus finir, je suis toujours là, en vie et relativement en forme pour le raconter!! On s'est dirigé vers Dori le mercredi pour se faire harceler par des guides jusque dans la nuit, pour finalement leur fairez passer des entrevues (!!) et n'en prendre aucun, suite aux conseils de nos nouveaux amis français. Dès le lendemain matin, à bord d'un taxi brousse qui nous a amené à Gorom-Gorom, on s'en allait rencontrer notre "guide"! Il nous a amené chez lui, c'était comme un tout-inclus africain! Il s'est empreessé de nous vendre un trip dans le désert à dos de dromadaire, on a eu le droit à une escorte toute la journée dans l'impressionnant marché de Gorom, on allait même mangé avec lui du délicieux poulet grillé (mais en fait, c'était à notre charge!) et il nous payait la bière. C'était ok...
Le lendemain, nos montures nous attendaient au bord de la porte. On est parti tôt, afin d'éviter les grosses chaleurs de la mi-journée. En partant le matin, on a le droit qu'à des 30-35°C... C'est frais. Alors, on monte et on part... Dès le départ, je vous confie que j'ai eu mon choc culturel africain!! Oui, il est possible de l'avoir aussi tardivement! Et c'était INTENSE! Quand j'y repense, je me dis que j'ai peut-être un peu "over-reacté"! Vous auriez dû voir la face de Roxane, qui ne savait plus par quel bout me prendre! L'histoire, c'est qu'on avait seulement 2 dromadaires et nous étions 4. Les touristes (notre nouveau nouveau surnom qu'on s'est nous-mêmes donné et qui nous va à merveilles!) sont dans la selle et le guide (qui n'est pas le même que celui avec lequel on a booké notre excursion) et le chamellier sont montés respectivement derrière moi et Roxane. QUOI?!!? C'est quoi cette huistoire là, 2 dromadaires pour 4 personnes!! On a pourtant payé pour 4 dromadaires!! Et la touriste péta une coche!! Après des bonnes discussions (où je n'ai pas vraiment parlé parce que j'étais un peu trop en choc culturel!!), la situation ne s'est règlés qu'à moitié puisqu'on a récupéré un troisième dromadaire!!
Difficile de décrire tout, tout. Desfois, il n'y a pas de mots pour traduire l'intensité des émotions et des délires qu'on a vécu. On a eu soif et faim malgré la présence d'eau et de nourriture!! L'eau qui atteignait probablement les 50°C était à une température parfaite pour y dissoudre notre café instant! La nourriture... Je n'ai pas le goût d'en parler, des hauts-le-coeur me prennent encore!! C'est pendant ce temps qu'on a pris le temps de détaillé notre menu de la semaine où on arrive au Québec!! On salivait à parler des lasagnes accompagnée d'un grand verre de lait FROID, de paradisio, de brushetta, de brochettes, de raclettes, de hamburger sur le BBQ, de fondue au fromage avec beaucoup de vin blanc et des poires... On a eu vraiment es délires de nourriture!!
On avait pris 3 jours dans le désert en dromadaire... On se croyait des surfemmes!! Je crois que c'est physiquement impossible pour des gens de notre forme et de notre énergie (qui sont basses en ce moment!!). L'itinéraire prévu était de faire en une journée ce qu'on avait fait en 2 jours... On avait ellement mal au corps et on était trop en déficit de sommeil!! Alors, on a laissé tombé notre 3e journée en dromadaire, pour revenir en taxi-brousse, après le marché et une attente de 8h à rien faire couchés sur une natte. Arrivée à Gorom-Gorom, on a énergiquement cherché une occasion vers Dori, histoire de retrouver un peu la civilisation et un peu de confort... C'est bien de dormir sur une natte à la belle étoile, mais le corps en prend un sale coup!! Malheureusement, les occasions du soir avait quitté il y avait à peine une heure!! Notre guide (celui qui est venu avec nous dans le désert) nous a invité chez lui... Parce que aussi, j'avais oublié de mentionner que nous n'avions plus un rond, sauf l'argent exact pour retourner à Dori. Heureusement, j'avais quelques pièces de 100F perdus dans le fond de mon sac qui n'ont permi de manger autre chose que du to!! Donc, on ne pouvait pas aller dans un autre hébergement que la maison du guide... On vit d'agriculture dans le désert... Et dans les maisons (qui sont en fait des concessions), on héberge les vaches, les chèvres, les moutons et les poules qui ne sont pas aux champs (pour des raisons que j'ignore!).. Alors, la dernière soirée dans le désert, je me suis retrouvé couchée avec Roxane et mon guide (saoûl) sur un matelas double (eh oui, on a eu un matelas!) avec des animaux broutant tout autour de nous. J'ai même eu la chance de me faire faire caca dessus par une chèvre! J'avais pratiquement rien mangé de la journée, je me sentais très mal physiquement. Et Roxane de se sentait pas bien mentalement. Cette soirée-là a été bien difficile, mais elle s'est finalement finie! On avait mis tous nos espoirs dans la journée du lendelain. On se disait qu'au moins, on allait retourner vers Ouaga dans la journée et retrouver notre confort citadin tant attendu et combien rêvé! Le matin, c'est nous qui avons réveillé notre guide, parce que je crois qu'il avait légèrement la gueule de bois, en tk, il sentait le fond de tonne! Nous on était super motivée, oh yeah, on allait quitter cet endroit!! Alors notre guide, qui n'était plus notre guide, nous amène manger le petit déjeuner. Au menu, l'éternel pain blanc sans confiture et sans goût avec une quantité astronomique de beurre (tartiné par le gars du café), le beurre africain ne goûtant rien du beurre québécois...! Le calvaire n'était pas fini! Hamidou (le guide) nous dit qu'on peut attendre le car à ce café, nos places sont réservées depuis le marché par un jeune garçon commissionnaire. Petit sentiment d'incertitude, mais on accorde quand même notre confiance à Hamidou!! Décidément, on avait pas encore eu notre leçon, parce qu'on voit le seul et unique car qui va vers Dori cette journée-là passer sous nos yeux, plein à craquer de passagers et de bagages... Encore là, il n'y a pas de mots pour décrire cette frustation! Une autre journée complète d'attente à l'horizon!!! Le moral n'était pas très fort pour Roxane et moi, j'avais peine à me déplacer sous le soleil de plomb de 8h, j'étais très étourdie. On se dirige de peine et de misère sur le bord de la grand route pour attendre un camion de marchandises (vide ou plein) qui irait vers Dori. On est parti vers 15h finalement dans un 18 roues, sans toit dans la boite avec 25 moutons et d'autres "clandestins" comme nous! On a roulé jusqu'à Dori ainsi et on s'est empressé de prendre un bus pour Ouaga. C'était la seule bus qu'il y avait à cette heure-là. La compagnie n'était pas très réputée, mais il n'y avait pas de prix pour retourner à Ouaga! Il faisait ETRêMEMENT chaud! J'étais en transe dans cette chaleur et ma pression était très basse je crois!! On est finalement arrivé le lundi soir, vers minuit! WOW! C'était tellement un bonheur que de prendre une douche et pisser dans une vraie toilette!! Quel soulagement! Je croyais pas un jour dans ma vie souhaiter autant revoir la ville!
On s'est pas mal gâtée à Ouaga. Piscine, clinique et bons restos! En 5 jours, j'ai même été un peu écoeurée de la ville, j'ai dû quitter sans Roxane, parce que la déprime me gagnait, ça faisait trop longtemps qu'on était là! Je suis venue rejoindre sur un coup de tête 2 autres filles à Banfora et j'ai fait la revisite des cascades trop paradisiaques! Et me voici aujourd'hui à Bobo Dioulasso, sans ma compgagne de voyage!!
Les pays Dogon sont plus incertains que jamais, malheureusement pour moi!! Il y a une fatigue culturelle qui s'est encrée en moi et qui tarde à me laissé!! La chaleur est tellement intense!! C'est tellement dur pour le physique... Je songe à passer le restant de mon séjour chez nous, à Bamako, à dormir gratuitement chez amis et à faire la grosse vie!!
à suivre!!!
Nouvelles bientôt!!!!

mardi 26 mai 2009

ouf, horaire chargé!

hé bonjour à tous!!

Vraiment désolé pour ces nouvelles tardives!! Je suis sans domicile pour l'instant et les visites au cyber se font rares!! Le temps va trop vite!

Je suis en compagnie de ma copine Roxane, aujourrd'hui, on arrive de voir les éléphants, les crocodiles et les phacochères de la réserve de Nazinga...! WOW!! Il y avait quelques petites familles broutant les feuilles non chalamment. Mais moi, j'ai eu un petit peu peur, malgré qu'ils étaient innofensifs!! On a dormi une nuit chez le Tonton de Claudia (une autre CFCIste) à Pô. Acceuil trop généreux!!!

Demain, on repart déja pour le Nord, on va à Gorom Gorom dans le désert pour une petites excursions à dos de dromadaires!! J'ai bien hâte d'expérimeter ça!! On revient une fois de plus à Ouaga en début de semaine prochaine, puis on quitte vers le 2-3-4 juin vers le Mali. je serai alors de retour dans mon pays!! Pour commencer au Mali, nous allons dans le Nord vers Mopti et les pays Dogon. Après , on retourne à Bamako, mais en chemin, on va s'arrêter quelques nuits pour voir les villes de Djenné, Sikasso et peut-être Bougouni. Puis, on s'est réservé une journée pour aller visiter (et revisiter dans mon cas) Siby peut-être en moto. C'est tout près de Bamako et c'est tellement beau et y'a de l'excellent beurre de karité!!

On a un planning assez chargé et pas de tout repos! Rox quitte le Mali le 17 juin pour aller au Maroc. Moi, j'irais la rejoindre une semaine plus tard. Je reste environ 2 semaines au Maroc et je rentre ensuite. Je devrais réapparaître dans le décor québécois en début juillet..! J'ai bien hâte! quand même!

J'ait la connaissances des amis Burkina Bé de Roxane. Ils sont vraiment, vraiment gentils, j'ai bien du plaisir avec eux!

Malheureusement, pas de photos encore, mais l'attente vaut le coup!!

Merci vraiment beaucoup pour tous les mails recus!! Vous me faites vraiment du bien! J'adore vous lire tous! Et je me sens un peu mal de ne pas répondre à tous, mais le blog, c'est la formule (principale) que j'ai choisi pour vous donner de mes nouvelles... Vous savez tout de cette maniere!

Je vous envoie plein de chaleur, la saison chaude s'étire ici!! La saison des pluies se pointe en nous arrosant de temps à autre, mais la température ne dégringole pas en dessous des 35 degrés!!

Je vous embrasse, nouvelles surement à mon retour du désert!!

A bientot!!

mardi 12 mai 2009

voir noir ou blanc?!

I ni fama! Oui, ça fait longtemps! Course folle contre la montre pour arrivée à remettre mes 3 rapports en bonne et due forme vendredi au CFCI et au labo. La procrastination aura, une fois de plus, eue raison de moi, reportant sans cesse la tâche ingrate, mais nécessaire au lendemain! Travail plus efficace sans doute, mais combien pesant pendant cette DERNIèRE semaine de stage!!


OUI, c'est ça, dernière semaine de stage, dernière semaine à la concession, dernière semaine avec mes collègues de travail, dernière semaine du quotidien que j'ai apprécié d'une façon trop grande! Ce cadeau m'était-il destiné? Pas de maladie, pas de difficultés d'adaptation, pas de désagrément, merci, merci la vie!! (clin d'oeil aux CFCIstes Burkinabées!)...
La tête dans les préparations du voyage, des bagages, dans la logistique du départ trop imminent, les courses dernière minutes, dans la planification du retour en sol québécois, trop de choses se passent en parallèle dans ce même endroit!
L'esprit contrarié, déchiré, sentiments contraires, noir, blanc? Gris??!... Heureuse de l'avenir à très court, court et moyen terme (le long terme, connaît pas!), attristée de laisser tout ce bagage au prix de cet avenir... L'avenir que je me suis tracé, c'est le retour au Québec entre la fin juin et dans la première semaine de juillet, c'est graduellement réintégrer mon univers québécois, c'est le retour au travail, c'est le déménagement à Québec pour débuter mon nouveau projet de vie! L'université Laval, programme agronomie... On verra ce que je ferai d'une année comme celle-là (celle à venir), parce que je suis pas capable de planifier mon avenir à long terme encore!! Qui sait, il se déroulera peut-être en terre malienne!
L'âme qui a de la difficulté à assumer ces moments de dures réalités, qui voudrait voyager sans cesse entre l'Afrique et son univers maternel... Faute d'avoir eu recours à mes stratégies d'adaptation en cas de difficultés ici en Afrique, je devrai mettre au point des stratégies en cas d'un retour difficile... Mais je sais que j'ai un entourage unique qui saura me comprendre, avec qui je pourrai échanger sans censure sur des propos et sujets des plus intéressants...

Cadeau innattendu il y a 2-3 semaines. On s'est régalé de délicieuses crêpes au sirop d'érable pur à 100% (comme écrit sur la canne!). Grand merci à Mélina qui nous a généreusement gâté ce dimanche-là!!

Et à mon tour, j'ai joué la cuisto! Poutine au ti-pois verts, sans ketchup a été au menu la semaine dernière! On a eu la chance de recevoir Lamine, le malien de Christine et Mohamed, qui ont apprécié (en fait on ne le saura jamais vraiment!!). Nous étions nombreux à nous régaler. 25 patates, qui ont finalement fini en purée dans l'huile de la casserole, parce que je n'étais pas douée pour me servir d'une casserole pour faire frire mes frites!! Heureusement, j'ai bien récupéré la situation en allant acheter 650 F de frites dans la rue, tâche qui était trop évidente pour que je la fasse dès le début!

Hier, fête mondiale de Bob Marley! Show hommage à l'Exodus, dans l'Hippodrome. Beau bar en plein air, doté d'une scène, d'une très belle terrasse et d'une piste de danse pour pouvoir s'éclater! Une seule toilette! Grosse bière un peu chère (1500 F, 3,75$), ambiance des plus euphorisantes, agréable, en compagnie de Christine, Mélina, le beau Alpha (!!, mais non, pas d'histoire avec Alpha, il est engagé et il ne m'intéresse pas du tout!) et de Mohamed. Je profites des derniers moments bamakois en compagnie de ce beau monde qui a fait partie de mon quotidien.

Pas encore de photo... Je ne suis pas au labo, je suis au cyber, où je ne brancherai plus jamais mon disque dur ou mon appareil photo parce que j'ai appris tellement des bonnes leçons des conséquences que j'ai eues en le faisant!! Dès que j'en ai le temps, je vous en transmets quelques-unes!

L'avenir à très très court terme pour moi, c'est de faire mes valises, aller faire le séminaire d'insertion à Sébénikoro avec tous les autres CFCIstes du 16 au 19 mai, puis retour à Bamako le 19-20 et peut-être le 21 mai. Ensuite "only god and john knows"! Départ le 21 ou 22 mai, à parcourir le Mali, le Burkina et le Ghana (Inch Allah!). Retour quelques jours à Bamako pour le véritable adieu et prendre le vol en direction du Maroc. Puis, séjour de quelques jours à quelques semaines au Maroc (max 2 semaines je crois), et fatalité oblige, retour au Québec!! Déracinement de ma culture d'accueil des 4 derniers mois pour aller m'enraciner à nouveau au Québec.. Avec un peu de poudre d'enracinement, la plante va survivre et fleurir à nouveau! En se mettant à l'aise dans son pot, en amménageant son terreau à sa guise, avec de l'amour et de l'eau fraîche de ses proches, c'est tout ce qu'elle a besoin pour s'épanouir!!

Je vous invite à continuer à suivre mes aventures, même si je ne serai pas stable, je vais continuer à donner des nouvelles via mon blog. A vot' tour d'en faire autant, j'veux de vos nouvelles!

lundi 27 avril 2009

voir noir ou blanc?!

I ni fama! Oui, ça fait longtemps! Course folle contre la montre pour arrivée à remettre mes 3 rapports en bonne et due forme vendredi au CFCI et au labo. La procrastination aura, une fois de plus, eue raison de moi, reportant sans cesse la tâche ingrate, mais nécessaire au lendemain! Travail plus efficace sans doute, mais combien pesant pendant cette DERNIèRE semaine de stage!!


OUI, c'est ça, dernière semaine de stage, dernière semaine à la concession, dernière semaine avec mes collègues de travail, dernière semaine du quotidien que j'ai apprécié d'une façon trop grande! Ce cadeau m'était-il destiné? Pas de maladie, pas de difficultés d'adaptation, pas de désagrément, merci, merci la vie!! (clin d'oeil aux CFCIstes Burkinabées!)...
La tête dans les préparations du voyage, des bagages, dans la logistique du départ trop imminent, les courses dernière minutes, dans la planification du retour en sol québécois, trop de choses se passent en parallèle dans ce même endroit!
L'esprit contrarié, déchiré, sentiments contraires, noir, blanc? Gris??!... Heureuse de l'avenir à très court, court et moyen terme (le long terme, connaît pas!), attristée de laisser tout ce bagage au prix de cet avenir... L'avenir que je me suis tracé, c'est le retour au Québec entre la fin juin et dans la première semaine de juillet, c'est graduellement réintégrer mon univers québécois, c'est le retour au travail, c'est le déménagement à Québec pour débuter mon nouveau projet de vie! L'université Laval, programme agronomie... On verra ce que je ferai d'une année comme celle-là (celle à venir), parce que je suis pas capable de planifier mon avenir à long terme encore!! Qui sait, il se déroulera peut-être en terre malienne!
L'âme qui a de la difficulté à assumer ces moments de dures réalités, qui voudrait voyager sans cesse entre l'Afrique et son univers maternel... Faute d'avoir eu recours à mes stratégies d'adaptation en cas de difficultés ici en Afrique, je devrai mettre au point des stratégies en cas d'un retour difficile... Mais je sais que j'ai un entourage unique qui saura me comprendre, avec qui je pourrai échanger sans censure sur des propos et sujets des plus intéressants...

Cadeau innattendu il y a 2-3 semaines. On s'est régalé de délicieuses crêpes au sirop d'érable pur à 100% (comme écrit sur la canne!). Grand merci à Mélina qui nous a généreusement gâté ce dimanche-là!!

Et à mon tour, j'ai joué la cuisto! Poutine au ti-pois verts, sans ketchup a été au menu la semaine dernière! On a eu la chance de recevoir Lamine, le malien de Christine et Mohamed, qui ont apprécié (en fait on ne le saura jamais vraiment!!). Nous étions nombreux à nous régaler. 25 patates, qui ont finalement fini en purée dans l'huile de la casserole, parce que je n'étais pas douée pour me servir d'une casserole pour faire frire mes frites!! Heureusement, j'ai bien récupéré la situation en allant acheter 650 F de frites dans la rue, tâche qui était trop évidente pour que je la fasse dès le début!

Hier, fête mondiale de Bob Marley! Show hommage à l'Exodus, dans l'Hippodrome. Beau bar en plein air, doté d'une scène, d'une très belle terrasse et d'une piste de danse pour pouvoir s'éclater! Une seule toilette! Grosse bière un peu chère (1500 F, 3,75$), ambiance des plus euphorisantes, agréable, en compagnie de Christine, Mélina, le beau Alpha (!!, mais non, pas d'histoire avec Alpha, il est engagé et il ne m'intéresse pas du tout!) et de Mohamed. Je profites des derniers moments bamakois en compagnie de ce beau monde qui a fait partie de mon quotidien.

Pas encore de photo... Je ne suis pas au labo, je suis au cyber, où je ne brancherai plus jamais mon disque dur ou mon appareil photo parce que j'ai appris tellement des bonnes leçons des conséquences que j'ai eues en le faisant!! Dès que j'en ai le temps, je vous en transmets quelques-unes!

L'avenir à très très court terme pour moi, c'est de faire mes valises, aller faire le séminaire d'insertion à Sébénikoro avec tous les autres CFCIstes du 16 au 19 mai, puis retour à Bamako le 19-20 et peut-être le 21 mai. Ensuite "only god and john knows"! Départ le 21 ou 22 mai, à parcourir le Mali, le Burkina et le Ghana (Inch Allah!). Retour quelques jours à Bamako pour le véritable adieu et prendre le vol en direction du Maroc. Puis, séjour de quelques jours à quelques semaines au Maroc (max 2 semaines je crois), et fatalité oblige, retour au Québec!! Déracinement de ma culture d'accueil des 4 derniers mois pour aller m'enraciner à nouveau au Québec.. Avec un peu de poudre d'enracinement, la plante va survivre et fleurir à nouveau! En se mettant à l'aise dans son pot, en amménageant son terreau à sa guise, avec de l'amour et de l'eau fraîche de ses proches, c'est tout ce qu'elle a besoin pour s'épanouir!!

Je vous invite à continuer à suivre mes aventures, même si je ne serai pas stable, je vais continuer à donner des nouvelles via mon blog. A vot' tour d'en faire autant, j'veux de vos nouvelles!

Cafards 0, Vicky 1

La saison des cafards est officiellement entamée depuis plus de 2 semaines. Leur festival a lieu tous les soirs de 20h à 4-5h du matin. Ils errent nonchalamment d’un trou à l’autre, se sauvant de la chaleur intense des caniveaux… Eh oui, tout le monde fait son possible pour échapper à cette chaleur désagréable, pénible affligeante, tuante ! Puis, on a la chance de recevoir environ un cafard par jour dans la concession qui monte ensuite dans l’appartement des blancs… On est bien accueillants, mais moi personnellement, j’ai de la difficulté à recevoir ces invités d’une manière décente ! Les autres colocataires sont beaucoup plus tolérants que moi concernant leur visite ! Bien que je déteste les cafards, ça ne les gêne pas de me rendre visite à des heures importunes ! Voici.
Vendredi soir dernier, je revenais de Boulkassoumbougou (il faut y aller tranquillement pour la prononciation J et faire attention pour ne pas s’accrocher la langue), un quartier de Bamako, où j’ai été passer la soirée avec un collègue et ami au travail. A la fin de la soirée, il est venu me reconduire à la maison où il régnait une profonde pénombre dû à une panne de courant. Cette nuit-là, il y avait seulement Catherine à la maison, Michel étant en train d’effectuer son 3e séjour à la clinique (dû à un second palu… dû à un peu de négligence de sa part… !). Catherine dort maintenant dans le passage depuis plus d’un mois, comme c’est moins chaud que dans les chambres. Elle dormait quand je suis rentrée et je suis allée me coucher presqu’en arrivant, sans ventilateur, puisque pas d’énergie pour l’alimenter. Donc, la deuxième chose que l’on remarque quand on a pas de ventilo (la première étant qu’il fait pas mal plus chaud !), c’est qu’on entend tous les petits bruits qui règne dans la chambre, car il n’y a pas de bruit de fond pour les dissimuler… On devine où je veux en venir… ?! À peine confortablement installée dans mon lit, commençant à suer des oreilles ( !), la moustiquaire toujours bien refermée, fortement coincée sous mon matelas, je me sens m’assoupir enfin. Et puis, HORREUR !! J’entends des petits bruits de cliquetis, un peu comme quand on joue délicatement dans un tas de feuilles chiffonnée, juste près de ma tête !! Ah non !! Là, je m’empresse d’ouvrir la lampe frontale que je prends toujours soin de coucher près de moi, sous la moustiquaire pour des raisons de sécurité (comme pour cette raison-là !). Fuyant la lumière, je vois le coupable de ce bruit marcher sous mon lit pour se diriger vers mon sac à dos entrouvert, déposé par terre. Malgré la chaleur, la chaire de poule me gagne rapidement, j’ai le poil hérissé et j’ai peur de sortir de mon lit !! Je suis complètement horrifiée à l’idée que le cafard pourrait monter sur mon lit !! Je prends mon courage à 6 mains, je me découvre de ma cachette me donnant l’impression d’une sécurité et je vais allumer la lumière, malheureusement situé juste au-dessus de mon sac à dos (éventuelle cachette de LA bête !) J’ouvre la lumière, je sors de la chambre, légèrement vêtue ( !), puis je ne bouge plus regardant et écoutant tout signe de vie pouvant dénoncer la présence de cet être si « ouaach »!! Catherine s’est réveillée entre temps et me voit dans cette position immobile attendant elle ne sait quoi ! « Ça va ? » qu’elle me demande d’un ton mi-inquiet en riant un peu… Eh bien non, ça ne va pas très bien ! J’ai un cafard dans ma chambre, comment pourrai-je me rendormir sachant qu’il est encore là, il faut l’attraper ! Voyant que je n’allais vraiment pas allée me recoucher sans l’avoir coincé dans le pot de beurre d’arachide vide et propre servant de piège à cafards, elle est venue à ma rescousse. On s’est retrouvé toutes les 2, en bobette, camisole à 1h du matin, en train de soulever les 2 lits de ma chambre, pousser les 2 commodes, soulever mon sac à dos du bout d’un manche à balai, à la recherche DU cafard. Après une demi-heure de recherche active, on ne l’a pas trouvé. Je panique à l’idée de retourner dans mon lit sans l’avoir attraper. Soudain, tout près de mes pieds, derrière la porte ouverte de ma chambre, encore LE bruit !! Et là, je le vois ! PANIQUE ! Catherine elle n’a pas peur, elle sait se raisonner et tente de me raisonner aussi, sans résultat ! Elle m’oblige à mettre moi-même le pot sur cette chose. Je tremble, mais j’y arrive ! Très patiente, Catherine jase un peu avec moi et me dit que c’est moi qui devrai aller le flusher dans la toilette. Je ne veux vraiment pas, mais je n’ai pas le choix… Elle ne bouge pas de là, m’observe avec insistance et elle a un regard traduisant beaucoup de choses ! Après une totale perte de temps, perte de sommeil, je me convaincs que je dois le faire moi-même… Et j’y arrive ! Je glisse le cafard dans le fameux pot, le jette brusquement dans la toilette, je tire rapidement la chaine et je prends bien soin de refermer le couvercle de la toilette après ! Finalement, à 2h du matin, l’aventure se termine !! Après une heure de total délire de ma part ! Et pour être sûre qu’aucun autre ne se risque dans mon espace, je laisse la lumière de la chambre allumée pendant le restant de la nuit… Histoire de les décourager à entrer. Je ne dors que d’un œil, je vois toutes les heures défiler ! Le corps humain n’a pas l’habitude de dormir avec une telle lumière régnant en plein nuit, mais moi je ne veux pas en voir un second !

Toute cette histoire est malheureusement vraie. Je suis vraiment apeurée à la vue de ces insectes affreux. C’est drôle, parce que lors de mon séjour en Amérique du Sud, je cohabitais très bien avec beaucoup d’insectes et des pas mal plus gros que des coquerelles. Comme je suis en ville ici, il y a très peu d’insectes. Je ne suis pas entraînée comme en Équateur ! Et des histoires comme celles-ci arrivent… Je retire une morale par contre… Je réalise que ce sont des trucs anodins comme ceux-là qui me gardent éveiller en pleine nuit, qui m’inquiètent, qui me font trembler et qui me tracassent trop. Il n’y a pas besoin de craindre pour ma vie à cause de ces bêtes. A part leur look inspirant un profond dégout, elles sont totalement inoffensives… Elles ne mordent ni ne piquent… Et moi, je n’ai pas de souci sauf ÇA… Ce n’est pas la faim, ni l’insécurité, ni la maladie… Comme des millions d’Africains Je ne tire pas des charges de 200-250 kilos sur des pousse-pousses (chariot monté sur 2 roues de bicyclette avec un manche servant à tirer ou à pousser et une plate forme de la superficie d’un mètre par un mètre environ). C’est le gagne-pain de beaucoup de jeunes et moins jeunes garçons. Plus la charge à transporter est lourde, plus c’est payant. Et c’est comme ça que desfois, on voit 4 à 6 sacs de riz de 50 kg chaque empilés dans un seul chariot, un seul homme. Ils poussent ces charges impossibles à travers les rues achalandée, les voitures, les bicyclettes, les motos, les ânes, les trous, les caniveaux… On les voit même dans le marché, endroit assez exigu et difficilement accessible avec un chariot large d’un mètre. Ce sont des tout-terrains trop vaillants… Ces hommes sont souvent très minces et ne demandent qu’à travailler pour manger un peu le soir. Quand les sotramas arrivent à un arrêt avec une charge sur le toit, on voit tous ces garçons courir après le sotrama, afin que la dame s’occupant des ces sacs mandate l’un d’eux à traîner ces cargaisons pour elle…

Moi j’assiste encore une fois impuissante à des scènes comme celles-là. Que dire, que faire, comment agir ? HAaaa ! Eux qui travaillent aussi durement que des mulets à longueur de journée à des températures frôlant les 45°C vs moi qui traîne, insouciante, dans le marché à la recherche d’un quelconque achat de matériel textile pour ramener dans mon pays si riche… ! Ouf, ça fait mal. Est-ce qu’on mérite des sorts comme ceux-là, qu’ont-ils fait ces Africains pour s’en sortir avec de telles conditions de vie ? Et les Blancs, que font-ils pour remédier à ça ? Eh ! Pas grand-chose, parce que ça nous arrange bien que les pays du tiers-monde, rebaptisés « pays en voie de développement » (pour notre bonne conscience !) le restent. On a besoin d’eux ! On a besoin de l’or qui dort sur leur territoire et qu’ils exploitent dans des conditions encore une fois abominables. Parce que s’ils s’en sortent, y’a plus personne qui pourra se graisser la patte au passage… Ils doivent faire vivre les plus gras de cette planète !! C’est une tâche des plus ingrates… Je vois aussi dans les rues, des banderoles qui affichent : « le pétrole, l’espoir de demain ». Wow, ça donne le goût de s’y investir et on arrive à en convaincre beaucoup de ces espoirs… Les propos d’une CFCIste résonnent… « L’espoir de demain, le désespoir d’après-demain… ».

Je n’ai plus peur des cafard maintenant. Je dors dans le noir et j’ignore les bruits de cliquetis. Je ne tremble à l’idée d’en voir ou d’en entendre un. Je suis immunisée...

On est bien au Québec, il faut le réaliser !! Un séjour africain replace les idées à la bonne place. Arrêtons de se lamenter de la température instable, des pelouses jaunies, de la mauvaise odeur (moi aussi j’arrête !) du fumier printanier… C’est qu’on est bien insouciants de ce que pourrait être notre condition si notre étoile ne nous avait pas mis au monde dans un « pays industrialisé »… Séjour en Afrique recommandé pour tous les plaintifs de tout et de rien !

Je me ventais de ma tolérance accrue envers des éléments à lesquels je suis exposée ici et que j'espère ramener au Québec… Eh bien, gare à mon intolérance face à des discours aussi vaporeux et sans consistance que ceux-ci ! J'aurai bien peu de compassion...

vendredi 24 avril 2009

Je vis, je vis ici à Bamako!

Le Vieux (le petit garçon) et son père, Bouyé




Pendant la panne de la voiture, à peine 8h du matin et le corps en sueur totale!



Le fils de Mme Niangaly, qui a à peine un an. Il ne marche pas mais il sait danser! C'est ce qu'il fait sur la photo!




Même si, souvent je dis que j’ai peine à quitter le Mali, il y a certaines choses qui me manquent. J’ai le goût de le partager avec vous ! Il y a :

Mon chat (bien sur !)

Le pâté au saumon de ma mère avec du ketchup et du fromage jaune-orange !
Nager à m’essouffler dans une piscine d’eau « fraiche »… !
Mon chat !

Du spagetthi home made (en fait, plus la sauce que les pâtes !)

Faire du vélo avec le vent frais et l’air marin du fleuve

Mon chat !!

Une soirée BBQ avec la famille et le cook du BBQ (David !!)

Le P.P. en été

Prendre une bière autour d’un feu de camp, à faire griller des Doritos et s’émerveiller devant les prouesses de David et les light sticks éclatés!

Mon chat !!!

Les lacs et rivières du Québec

Les fous rires avec David et mon père ! Qui réussira le plus à me faire rire… ?

Je m'ennuie de mon frère je crois aussi!! J'ai hâte d'aller prendre une bière su vot' nouveau perron!

Des activités anodines qui me font réaliser que j’appartiens au Québec et que malgré tout, j’aime y vivre !!



Mercredi, c’était férié. Je l'ai appris le mardi matin, en arrivant au labo. Ça faisait bien mon bonheur, les levers à 6h à tous les matins commencent à être lourds. Surtout quand aucune fraicheur ne règne dans l'air, la douche n'est plus rafraichissante, les courants d’air ne font qu’amené encore plus de chaleur, les maux de cœur m'habitent pendant au moins la première heure de la journée... Dans ce temps-là, je n'ai le goût de rien, la sueur coule et coule encore sur mes tempes et entre les seins... Mon corps ankylosé par la chaleur intense ne réclame que mon lit avec une serviette mouillée et mon ventilateur!!! C’est comme ça que s’entament mes journées à Bamako. Plus les heures avancent, plus mon corps se réchauffe et s’assouplit. Je me réveille tranquillement et lorsque je sors de la concession, je n’ai guère le choix d’être prête à affronter la vie ! Klaxon, passants déambulant avec leur charge sur la tête, trous de bouette, senteur fraîche de caniveaux matinale, odeur de frou-frou bouillant dans l’huile. Mon nez est sursollicité et travaille très fort à démêler le bon du mauvais. Normal que j’aie si mal à cet endroit ! Je me demande si je pourrai à nouveau sentir des odeurs subtiles et agréables telles que l’air du fleuve, l’air humide de nos forêts, le bois fraîchement coupé, le linge fraîchement sorti de la sécheuse avec une feuille d’assouplisseur (même si je ne veux pas de linge fraîchement sorti de la sécheuse !)… Et même, j’aimerais 100 fois mieux sentir le fumier québécois, qui pour moi est pur à côté de ce à quoi je suis exposée ici !

Malgré cette chaleur qui fait bouillir mon cerveau, je crains encore et encore le départ. J'ai l'impression que c'est hier encore que j'ai déposé mes valises pour la première fois dans la troisième chambre à partir de la droite à la concession. Que c'est hier que je ne voulais pas les défaire parce que l'excitation et la frénésie de cette nouvelle aventure m'en empêchaient!! J'ai l'impression que c'est hier que j'ai dit "enchantée" à Abdoulaye, Sadjo, Fatoumata, Baba, Koso, Kadi, Adam, Awa... Ma famille! Et déjà demain, je leur dirai aurevoir. "Donnez-moi le courage d'accepter les choses que je ne peux changer, la force de changer celles que je peux et la sagesse d'en connaître la différence" (pensée de maman!) Hier, j'ai fait la connaissance de Lucie. Ancienne CFCIste (est-ce que je peux dire ancienne, on ne l'est pas toute sa vie?) super gentille qui a fait son stage au Mali, à Bamako et qui vivait à la concession, chambre voisine de la mienne en automne 2007. Elle est de retour au Mali pour quelques mois, elle est accompagnatrice pour un groupe de Québec Sans Frontière. Elle, elle a trouvé la manière de revenir! Moi aussi je veux faire ca! C’est un des éléments motivateur qui m’encourage à partir, je sais que j’ai une possibilité de revenir un jour !


Décompte rendu à 3 semaines de stage… Je suis loin de mettre des "X" sur mon calendrier pour compter les jours avant la fin, au contraire, je m'éloigne du calendrier pour ne pas voir les jours défilés à cette vitesse..! Je ne réalise pas que je devrai revenir au Québec et que mon quotidien ne sera plus celui-là, que j'aurai une nouvelle routine, loin de celle que j'ai actuellement... Je vais m'y faire, j'en suis sure... Il y aura par contre une réadaptation à faire à mon Québec, que j’aime !

Et mon retour est aussi en préparation, à distance. On nous a dit que c’est important de bien le préparer, afin de bien réintégrer sa culture… C’est en marche déjà ! Il y a bien du nouveau et du nouveau motivant pour le retour en terre louperivoise… Pour débuter, en primeur, je ne l’avais pas encore annoncé au grand public, c’est le retour un peu plus hâtif que prévu ! La date exacte n’est pas fixée, je vais en discuter avec ma future partner de voyage dans le mois de mai, lors de notre séminaire d’insertion. Puis, à l’automne, c’est un nouveau départ pour moi, un nouveau défi ! Je réintègre la place sur les bancs de l’école, cette fois sur les bancs universitaires !! J’ai vraiment hâte de recommencer l’école, cela m’enchante et me motive… Pour le mois de septembre, j’ai de nouveaux plans qui commencent dans une nouvelle ville et un nouvel appart, wow!! Mais, j’en connais encore peu sur la question : « où ? » ! Ce qui est sûr, c’est que je retourne à l’école et je trouve ça motivant comme retour ! Parce que ça fait changement et j’aime le changement ! J’ignore quand je pourrai être stable dans ma vie, avoir une profession qui m’occupe de 8h à 16h quotidiennement et 3 semaines de vacances par année… Ca m’angoisse juste à y penser ! Et voici pourquoi je suis rendue ici !


Le week-end dernier en fut un typiquement bamakois! Je vais au marché avec Koso, à la recherche de bazin. C'est beau le bazin, mais c'est cher! Achat de photos-modèles, achat d'un foulard, puis visite chez le tailleur! Chez le tailleur, c'est fou! J’ai les yeux écarquillés qui regardent partout et je suis éblouie par tous les beaux costumes… Je me mets à m’imaginer portant l’un d’eux… J'ai trop d'idée, subitement, je veux plein d'habits! Je veux une garde-robe malienne! Des couleurs qui ne sont pas vraiment agencées, des tissus aux couleurs de l'arc-en-ciel et plus encore et ornés de motifs tous aussi originaux les uns des autres, des hauts 4 fois trop grand, des foulards coiffant la tête de ces chères dames si fières... Voilà en résumé comment on s'habille ici. Je n'aimais pas ca, vraiment pas. Et je me retrouve aujourd’hui, envieuse de ces accoutrements! Je me retiens par contre, par chance pour vous ! Je sais qu'au Québec, j'aurais l'air d'un clown, un beau clown! Et les hommes avec leurs habits traditionnels... Ha ha! Ils ont l’air d’être en pyjamas! Mais, c'est beau! Après la rêverie, je discute avec le tailleur. Je termine enfin de lui expliquer ce que je veux. Il prend mes mesures et il m’invite à m’asseoir, en attendant qu’il termine l’habit de Koso. Je suis épuisée, il fait chaud, très CHAUD! De midi à 15h, les activités sont pénibles, tous les gestes sous le soleil sont calculés en fonction de conserver le plus d’énergie possible et de ne pas surchauffer son système. C’est laborieux, voire même dangereux de déambuler en plein soleil dans ces heures. Il faut s’assurer d’avoir accès à de l’ombre régulièrement. Chez le tailleur, il est 14h30. Nous venons de faire toutes nos commissions dans les pires heures de la journée. Je regarde Koso qui essaie ses vêtements et tranquillement, je sens que mes paupières deviennent lourdes et se ferment involontairement… Je me repose les yeux un peu... Et j'entends "Eh, toubabou! Sonogo be la?" (Eh l'étranger, tu t'endors?), d'une voix assez forte pour être certain que je me réveille!! Je remarque ici que l’on n’accorde pas trop d’importance à celui qui se repose. Si on le réveille maintenant, ce n’est pas grave, puisqu’il pourra se reposer plus tard. On a le temps ici. Ma sieste est terminée, on part, on retourne enfin à la maison sous les moins chauds (mais tout de même chauds) rayons de soleil !

Le week-end d’avant, j'ai eu la chance de vivre un vrai week-end à l'africaine!! Plein de péripéties, heureusement en bonne compagnie et encore en vie!! Le vendredi soir, je me suis rendue à Kati, rejoindre Chloé et Chantale. On a mangé ce que Mme Sissoko avait cuisiné pour nous. Il s’agissait de chacun 2 patates, très huileuses, dans un liquide majoritairement composé de magie (base de poulet extrêmement salée et avec beaucoup d'agent de conservation, qui rend le tout difficile à digérer...). C'est leur souper, quand ce n’est pas frites-salade ou des haricots… Elles n’ont pas beaucoup de variété ces katoises… La samedi matin, très tôt, nous sommes partis vers Siby. Pour nous faire plaisir, le collègue de Chantal, Bouyé, qui nous a amené là avec sa voiture, a insisté pour nous montrer l'arche de Siby au sommet d'une colline, toujours à bord de sa voiture... C’était une route très cahoteuse, escarpée et parsemée de nombreux gros cailloux… Résultat (prévisible): le réservoir d'huile troué et l’huile répandue sur la terre, le silencieux fortement abîmé et 3 toubab qui poussent la voiture jusqu'au goudron, entourés des enfants riant de bon cœur en nous voyant à l’œuvre ! Par chance, la voiture est tombée en panne juste après la descente de la colline, car sans les freins, la descente aurait été un peu plus agitée ! Heureusement, nous avions un farafi (noir) avec nous, ce qui nous aidait à un peu moins faire rire de nous!! Bilan de la journée: Attente interminable au garage (faut le dire vite, petite pente près du goudron avec plein de voiture et moto en réparation), avec petite sieste, repas délicieux au restaurant « La Calebasse » et voiture pas mal abimée ! On a quand même pu aller visiter la maison du karité et faire le plein de ce produit aux propriétés miraculeuses selon toutes les femmes maliennes ici. Moi-même, si j’avais la possibilité, j’en ramènerais un 10 tonnes ! Le soir, après avoir passé la journée en entier à l’hôpital, la voiture n’était pas complètement remise, puisqu’elle ne démarrait pas… Le frère de Bouyé, Superman, nous a secourus ! Nous avons eu un retour vers Bamako dans une voiture (celle du père de Bouyé) qui en tirait une deuxième (celle de Bouyé). Moi, assise devant en compagnie de superman, je ne croyais pas me rendre à Bamako avec ces arrangements-là ! Mais, j’avais oublié que j’étais en Afrique, il faut faire confiance un peu à n’importe quoi, c’est fou ce qu’on peut être surpris desfois… ça l’air de rien, mais, ça marche l’Afrique ! Donc en résumé, ce fut une journée haute en péripétie et aventures de toute sorte, en compagnie de Chloé et Chantal, à Siby, où je n'ai malheureusement pas pu faire la touriste et j’ai aperçu l’arche, si belle qu’à la moitié de la colline ! Ce n’est que partie remise !



Chèvre de Siby, mangeant le crâne de sa soeur!



En ce moment, je suis dans un cyber, un nouveau depuis la chicane avec celui à côté de la maison. Je n'ai pas été stratégique dans ces actions-là... Parce que celui où je me retrouve présentement, il est à plus de 10 minutes de marche de la maison… Tandis que l’autre, j’avais seulement 2 goudrons à traverser pour arriver... J'assume mes actes! Et maintenant, je marche plus longtemps pour me rendre au cyber! A 16h, y’a pas de problème, mais à 14h, y’a des problèmes ! Alors tout ça pour dire que dans le cyber, depuis le début que je suis ici, le gars assis à côté de moi n’arrête pas de me parler. Après 4-5 phrases pour se présenter et s'introduire, il me demande: "eh, pourquoi on ne sort pas ensemble?" Non, mais c'est vrai, j'y avais pas pensé, pourquoi?! Bonne question! Et là, voila qu'il me demande (et j’ai peine à l’entendre tellement il ne parle pas fort) : « ça ne vous embête pas que je regarde ça ? » et il me pointe l’écran montrant des scènes porno en pleine action !! Ha ha !! Je ne me peux plus ! J’imagine une scène comme ça au Québec ! C’était sûrement pour me provoquer j’imagine. Je n’accroche pas ! Je me sens mal pour lui !

Ici, quotidiennement, je pratique ma tolérance, et mon indifférence face à des choses que je ne peux pas changer, aux contraintes humaines je devrais dire! L'attente, le changement d'horaire sans préavis, la planification d’une journée, d’une semaine, d’une vie minute à minute… ! Ce sont les réalités d’ici ! Je veux me souvenir de la souplesse dont j'ai très souvent fait preuve, je veux me souvenir de la manière dont j'étais prête à faire des compromis et à m'adapter aux changements... Qualités d'une québeco-malienne à conserver à tout prix, à se remémorer chaque fois que l'occasion se présentera, en cas de besoin... Ils sont faits fort ces Maliens pour, jour après jour, faire fi de ces conditions qui sont loin d'être facile au quotidien, croyez-moi !


Je vous dit Kambé mes amis!!

mercredi 25 mars 2009

Dossier caniveau...

(Aujourd'hui, je commence en force. Parce qu'on le veuille ou non, il y a des caniveaux au Mali. Et qu'on le veuille ou non, on les voit, on les sens (sans même les voir!) et avec de la chance, on les contourne!)



Indication que l'on retrouve dans un des laboratoires au LCV... Et ça s'applique tellement bien aux caniveaux aussi!



  • En passant, la majorité des caniveaux ne sont pas recouvert de dalles de béton, ce qui cause un petit stress quand on marche sur le trottoir. Ils font ça histoire qu'on ne se promène pas nonchalamment dans les rues en flannant... Juste pour nous garder un peu alerte! Clin d'oeil à Suzie (enseignante au CFCI) dont son pied a eu la malchance d'entrer subitement en contact avec les caniveaux dans les premiers jours suivants son arrivée au Mali... Ayayaye! Le liquide extrêmement sirupeux et odorant des canniveaux ne donne pas le goût d'y échapper le moindre morceau d'une petite orteil!



  • Les cafards commencent à sortir des trous de caniveaux à cause qu'il y fait trop chaud dans les caniveaux à cette période. A l'heure du thé le soir, il est très fréquent de les voir déambuler entre les jambes des gens du grin. Et moi, je les regarde et je frissonne! HAAA! Il y en a probablement qui me frôlent aussi les pieds... comme je suis naïve! J'étudie leur comportement... Tant qu'on ne les touche pas, ils ne s'affolent pas, ils continuent lentement leur petit bonhomme de chemin. Quand ils ont peur, c'est moi qu'ils affolent! Et je fais rire bien du monde avec mon énervement! En passant, pour attirer les cafards, il suffit d'en tuer un seul (ce qui demande de la force et de la persévérance!) et une colonie arrive en quelques secondes à peine!



  • Le nettoyage des caniveaux consistent à sortir tout ce qu'il y a dedans (principalement ordures de toutes sortes) afin de laisser couler le jus... Jusque là, c'est logique. Cependant, lorsqu'ils sortent les ordures, c'est pour les laisser reposer dans la rue. Tranquillement, avec le vent, ils se retrouvent dans leur lieu d'origine, les caniveaux! Et le processus recommence quand le niveau du caniveau redevient égal à celui du goudron (de la rue)...



  • Les caniveaux constituent le garde manger des petits rats (plutôt très gros ici!). Ils courent et longent le bord du caniveau à toute vitesse, pour éviter toute agression, en quête de leur prochain repas... En tout respect de la chaine alimentaire... De plus, des rats morts flottent fréquemment dans le sirop des caniveaux. Gonflés et virés sur le ventre, le cycle de la vie se poursuit...



C'est pas les caniveaux, ce sont les arbres décorés des déchets les plus résistants dans la nature et tellement dommageables, les sacs de plastique. Utilisés une seule fois, ils sont jetés immédiatement et ils s'échouent dans de tels endroits.


Ici, à Bamako, encore une semaine qui s'achève... Plus de la moitié du stage est achevé, il reste 6 semaines. 6 longues semaines avant de revoir mes amis du CFCI pour le séminaire d'intégration et de se raconter tout, tout, tout! Mais 6 extrêment petites semaines à l'intérieur desquelles je dois dire aurevoir à ma chambre dans la concession, à ma famille Coulibaly, à mon grin, à mes amis maliens, à ma ville, Bamako, à mes collègues de travail, au labo qui m'ont réservé un acceuil au-delà de mes attentes, à mon quotidien devenu si rassurant... Non je ne vais pas y arriver! Je ne suis pas prête à rentrer! La vie est bien faite, "j'ai encore 6 semaines (:S)!!" dit-elle avec un grin d'incertitude et la voix tremblante et pleine d'émotions!


Je veux rester! Jour après jour, je découvre, j'ai soif d'en apprendre tout le temps, les 4 mois ne me suffisent pas... Je viens simplement d'arriver, de m'intégrer un peu, je me sens maintenant si familières avec des choses qui étaient si étranges à mon arrivée. Je ne trouve plus dégueulasse tous les bruits de bouche se rapprochant du crachage, c'est devenu anodin de voir des femmes qui se promènent avec une charge (dieu seul sait lourde comment est la charge) en équilibre sur leur tête et comme si ce n'était pas assez, avec un enfant (ou 2) accroché à leur taille et tétant le sein... C'est le quotidien que de voir "défense d'uriner, 1000F" écrit sur un muret de béton dégoulinant d'urine séchée (et l'odeur confirme que ce sont bel et bien des coulisses d'urine), que de voir "parking de sécurité, 100F" à côté de l'endroit de travail des gens pour les innombrables jakarta (motos), trop nombreues, trop dangereuses... Avec les gardes de sécurité qui gardent absolument rien! C'est le quotidien de se réveiller le matin avec le drap et le matelas trempé de sueur et de ne plus se réveiller le matin à cause des appels à la prière à 5h, de ne plus se réveiller en plein coeur de la nuit à cause des activités de la rue qui ne cessent tout simplement jamais (cris, course, bagarre, vrombissement de moteurs datant des années 50, enfant pleurant le plus fort qu'il peut pour se faire remarquer et combler le déficit d'attention dont tous les enfants souffrent ici)...


Les enfants, les enfants... Les enfants dans les rues. De vraies petites fourmis, une population immense ne cessant de grouiller, de crier, de se tapper dessus, de travailler pour respirer une petite bouffée d'air à la surface d'un bassin qui les aspire, qui les engloutit sans pitié. Quotidiennement, au travers des fenêtres de mon "car" de riche, me transportant au labo (environnement sain, sécuritaire, de riche!!), j'assiste impuissamment à des scènes si dures. Je ne peux concevoir qu'un être humain, si petit, si frêle, si jeune soit contraint d'affronter cette réalité si rude... Que faire? Un p'tit 100F par ci, un autre par là. Eh! Je vais pas sauver l'Afrique avec mes 100F! Je reste impuissante, totalement impuissante... Ha, c'est désarmant...




Petit-fils du chef de famille où je vis... Contradiction avec les enfants de la rue... (Et Marietou, c'était pour te montrer ce qu'il advient de tes présents... Tu en as rendu un vraiment heureux, c'était vraiment beau à voir!)



Et les sotramas, à l'image de la misère africaine... Moyen de transport en commun peu dispendieux à Bamako. Ces véhicules recyclés et venant de l'Europe parce qu'on en avait plus besoin, sont les plus vieux que j'aie vu rouler dans ma vie à date. Et ils continuent à rouler, encore et encore. Ils sont peint, repeint, puis repeint encore (en vert toujours, avec des variations allant du vert lime, au vert pomme, vert forêt ou vert fluo), l'ensemble des pièces à dû être remplacer plus de 5 fois chacune, on les lave et relave, on les chouchoute, on est à l'écoute du moindre bruit anormal, parce que j'imagine que la mort de l'un d'eux est catastrophique pour beaucoup de monde qui dépendent du revenu de ces transports pour nourrir leur famille... Ils sont mieux traités que la plupart des enfants ici... Et je ris toujours lorsque je vois tant d'effort déployé à embellir ces vieilles voitures, c'est peine perdue mes amis! On les voit défiler ornés principalement de vert, avec une multitude d'autres couleurs disposées autour des chassis ou bariolé de façon horizontale. On les personnifie même en les faisant porter une inscription du genre "city boy", "le petit ambassadeur", "l'étoile #707", "le champion" ou avec des citations telles que "la vraie valeur d'un homme est le travail" ou "A barika, Allah ye" (qui est un remerciement à Allah...). Toutes plus maginatives les une que les autres!! Ha, cette Afrique!


J'ai des discussions très fréquentes avec mes chers gardiens qui travaillent au LCV. Horaire fixe: au choix du lundi au dimanche ou du vendredi au jeudi, ou encore du lever du soleil jusqu'au prochain lever du soleil... Ils séparent l'horaire entre eux, ils assurent leur service tous les mois qui comptent plus de 28 jours. Ils vivent ici!!! Mais c'est pas une vie ça!!!! En plus, ils sont considérés comme chanceux par leur supérieur. Leur patron accepte de leur verser 30 000F (75$) par mois sur les 200 000 qui sont réservés pour eux. Mais le patron aussi doit assurer sa survie... Aouch! Wow, ce sont des surhommes ces gardiens là! Comment on peut vivre dans le luxe, la richesse, le ventre toujours plein en sachant que d'autres ont faim et ne peuvent même pas aller voir leur famille par manque d'argent, tout ça à notre dépend? C'est comme ça ici. Le plus riche reste riche et le plus pauvre reste pauvre. Comme le jeu de cartes "trou-d'cul", hein!? Sauf qu'ici, les joueurs ne changent pas de place, ils ne peuvent pas upgrader. Le président à tous les jokers et les 2 du jeu. On ne les donne pas. Les "trou-d'cul" se contentent de ce qui passe et on ne tolère aucune forme de protestation parce qu'il y en a une pelleté d'autres jeunes hommes qui veulent être "trou-d'cul" à leur place, et combien n'ont pas la chance de faire partie de la game de carte?... Au début, j'étais plus qu'enchantée par leur discours du genre: "ouais, vous, vous avez tout, l'argent, le matériel, l'apparence, la richesse, vous êtes intelligents, mais ce qu'on a nous, ça vaut pas mal plus que tous vos objets et votre luxe. Nous, on a le temps, la présence des uns et des autres pour avancer, la solidarité." Il y en a un particulièrement qui se démarquait par sa volonté de vouloir lutter pour se sortir de là et faire quelque chose pour son peuple. Il avait une ambition comme j'en avais rarement vue ici encore, c'était au mois de février. J'ai adhéré à son discours et l'encourageait à penser dans ce sens. Tout ce manège, était-ce pour m'impressionner, me montrer qu'il avait plus de volonté que les autres? Toujours est-il que du jour au lendemain son discours s'est assombri en même temps que l'illusion de lutter qu'il m'avait exposée... Du jour au lendemain je me suis retrouvée à entendre des propos disant qu'il n'y a rien à faire ici, que tout est corrompu, qu'un blanc est et sera à jamais supérieur, qu'il est impossible de se sortir de son pétrin ici, même en ayant un paquet des meilleures volontés... Aouch, aouch et encore aouch!! Je demeure sans voix à entendre ces discours là! Je suis qui moi, miss riche pour venir ici au Mali, exposer ma richesse (ou bonheur pour les africains), circuler chaque matin et chaque soir avec le ventre plein devant eux, hèler un taxi devant eux, qui me coûtera 2000 F pour retourner à la maison parce que je ne me sens pas bien, au lieu de prendre le sotrama à 175 F...? Ça me fait mal chaque fois que je passe devant eux... A leur yeux, je transporte avec moi (et bien malgré moi) le message d'un sentiment de bonheur des pays du nord à cause de la présence d'argent, de voiture , de luxueuses maisons... Hahaha! Bonheur??!!? $$ = bonheur ici. Disent-ils vrai? J'en suis au mode questionnement quant à la pertinence et à la justesse de cette affirmation. Est-ce qu'une famille, qui ne peut pas manger à sa faim avec un enfant qui fait une infection à un oeil par exemple, serait plus heureuse avec le ventre plein et un enfant en santé?... Encore aouch!! Toujours est-il, qu'encore là, mes paquets de thé que j'apporte régulièrement à mes gardiens ne vont pas les sortir de leur pétrin. Cela ne les nourrit guère... "Au lieu de lui donner un poisson, apprend-lui à pêcher..." Que faire!!??? C'est déconcertant!



Les voici! Les gardiens du LCV. Et croyez-moi, leur air bête sur la photo ne réflètent en rien leur véritable nature...! Et on prend le thé... Y'a rien que ça à faire pour eux. Belles discussions e votre compagnie, malgré tout!


Dossier coup de masse (c'est pas si déprimant que ça tout le long!)



  • La sympathique et permanente couleur gris-brun de mes talons


  • La sécheresse qu'il règne dans l'air et dans mon nez!! Le beurre de karité a des propriétés exeptionnelles pour ce genre de problèmes!!


  • Avoir l'impression que le temps est compté, que mon bonheur malien ne fait que s'échapper comme des grains de sable à travers mes doigts, je suis sans moyens pour le retenir


  • La dépendance très dispendieuse au téléphone portable... les crédits dépensés chez Orange.


  • Travaux et comptes rendus à faire pour le CFCI (ça fait partie du jeu...)


  • Fatigue, fatigue, fatigue! Etat permanent après une journée de travail... Lourdeur dans les jambes, manque d'énergie pour aller où que ce soit, faire quoi que ce soit...
  • Les spots de sueur qui apparaissent juste sous mes 2 fesses lorsque assise sur une chaise pendant plus de 5 minutes...
  • HAAAAAAAAAAAAA!!! C'est de loin l'élément le plus frustrant de mon stage!!!! J'ai tellement eu de frustration par rapport à cette chose, qui au fond en vaut pas le coup dans un contexte comme le mien... Il y a trop de virus sur les putains d'ordis au Mali, ça m'empêche de faire les innombrables rapport en lien avec le stage. Pis en plus, la connexion internet est tellement mauvaise au labo, je capote!!! Ca me ralentit énormément!! (hé, mais tu es en AFRIQUE... Tu t'attendais à aller vite?!?) Après m'avoir chicanée avec le gars du cyber avant hier, j'ai maintenant fait la paix avec ces technologies qui comprennent rien!... Mais pas avec le gars du cyber... avec son air arrogant et supérieur, s'il pense qu'il va me calmer avec ses prises!!



Hiii! Je me sens un peu ... pessimiste là! Bon, ce n'est pas que du noir (quel jeu de mots!) en Afrique. Croyez-moi je passe d'excellents moments ici, je cale la bouteille enfermant des moments de pur bonheur. Je flotte, je ne crois pas que c'est vrai, je me pince même souvent...


Ce vendredi, j'ai eu la chance d'apprendre à cuisiner le plat le plus commun ici au Mali, le riz avec tikadèguè na (sauce à la pâte d'arachide). Ce que je mange pratiquement à tous les jours au labo, quand c'est pas le riz avec la sauce tomate ou le riz sauce feuille (par chance qu'il y a les mangues pour réguler mes intestins!!!). Heureusement pour moi, j'aimais le riz et heureusement j'aime encore ça! J'ai regardé Abba et Sadjo (les 2 qui s'occupent de la cantine ici) préparer le tout sous la chaleur devenue insupportable pour la toubab quand le tout fut prêt. C'est dans la cuisine traditionnelle que j'ai eu la chance de les regarder préparer le tout. Pendant que les margouillas (lézards) apparaissent et disparaissent à toute vitesse pour venir chercher les grains de riz tombés et que la quantité inimaginable de fourmis me piquent!! Et ça élance! Finalement, quand c'est pas de ces contraintes là, la tikadèguè na est très simple à préparer. J'ai pris quelques notes et Mariétou, on fait la dégustation à notre famille et amis à mon retour... et sans fourchette! Tous ceux qui sont braves à goûter sont invités!




Abba à côté des ronds de poêle tellement efficaces!



Le poisson d'avril... :D J'ai réussi à prendre Catherine! J'étais particulièrement fière! Mais moi aussi j'ai mordu à quelques poissons, lançés par des maliens en plus! Malgré toutes les difficultés du monde présentes en Afrique, les blagues et taquineries font partie du quotidien ici. On ne se lasse pas de se moquer des autres et quand c'est de la toubab dont il s'agit, le plaisir est doublé!

La semaine dernière, j'ai encore été toute seule plus de la moitié de la semaine. Michel et Catherine étaient tous les 2 partis en mission à l'extérieur de Bamako. C'est long longtemps quand on est seule ici! Heureusement, j'ai eu de la très belle visite venant de Kati, Chloé et Chantale sont venues passer 5 jours à Bamako, chez moi. On a pas fait grand chose ensemble si ce n'est que d'aller manger au resto, mais il y avait une présence à la maison et ça m'enchantait! Et les tresses de Chantale... Plus de 14h d'attente pour le postérieur, mais tu as été bien courageuse ma belle!



Myself, enjoying night life at home!

Faits cocasses!!

  • Un samedi, je viens travailler au labo. Je rencontre un collègue dans le labo à côté du mien. Il est là, évaché, les 2 pieds accotés sur le bureau. Lorsqu'il me voit, il est toujours très content et cette fois-là aussi. Il me demande ce que je suis venue faire au labo par un beau samedi (qui sont tout le temps beau en passant les samedis ici!). Je lui dis que je devais faire des petits trucs pour le rapport. Je lui retourne la question et il m'affirme qu'il vient passer l'après-midi au labo pour se reposer un peu, à l'air climatisé!! Haha! Il faut bien venir au travail pour se reposer!
  • Ici, les biscuits mous deviennent durs comme au Québec et contrairement au Québec, les biscuits durs restent durs!!! tellement c'est sec, l'eau s'évapore aussi vite que de l'alcool! Tout à soif! Même l'humidité des biscuits s'évapore, et très rapidement en plus! Et même chose pour les oranges ou tout autre agrume laissés sur la paillasse, ça sèche après 2 jours!

Depuis le début de mon stage, je taquine toujours mon ami en disant que sa moto c'est la mienne au fond. Depuis le début, il me dit de l'amener avec ma moto... Mais malheureusement, je ne sais pas conduire (en fait je ne savais pas conduire jusqu'à il y a 2 semaine!) On est allés dans un quartier calme de Bamako (ça existe ici aussi!) et j'ai eu des cours de conduite de moto privés! Je suis pas si pire, mais je ne me risquerais vraiment pas dans le trafic désordonné de Bamako...! C'était bien agréable de conduire la moto! Et avec lui, plus tard, on est retourné sur l'ancien pont (babily corogni) de sotuba et on est allés à la "plage" à côté. Plage, il faut le dire vite... C'est plutôt un beau spot sur le bord du fleuve (qui est une rivière chez nous). Il y avait énormément de monde et je ne me suis pas baigné... Si vous voyiez les cours d'eau de Bamako qui se jetent dans le fleuve, vous comprendriez. Cela n'a rien à voir avec nos algues bleues-vertes...!



Un des si charmants garçons qui se baignaient au barrage hydroélectrique, près de la "plage". Trop gentil!!!


"Plage" de Sotuba


Dossier coup de cœur!! (mon dossier favori!)



  • Tous, tous, tous les employés et cadres du labo! On ne manque pas une occasion de me saluer et de me dire: "hé Coulibaly!" (c'est mon nom de famille malien). A qui la chance de me traiter le premier de Coulibaly, mangeur de haricots (taquinerie que l'on appelle le cousinage et qui prend beaucoup de place dans la tradition orale ici) ou de m'asticoter pour que je change de nom de famille..! Le moral n'a pas le choix de tenir le coup avec toutes ces attentions particulières! Et si jamais j'arrive au labo un peu de mauvaise humeur, ce n'est pas long que les échanges avec les autres me font oublier les petits tracas et démarre ma journée de façon plus gaie. Ce sont toutes des personnes merveilleuses à lesquelles je m'attache et qui rendront le départ pas mal plus difficile...



  • Les cartes tirées par Mélina à distance!: ces temps-ci, je m'ennuie de Mélina, colocataire CFCIste que j'ai eu pendant 2 semaines au début du stage à la concession. Elle est partie à travers le Burkina et le Mali dans le cadre de son stage, en mission... Elle revient dans quelques semaines et je suis impatiente de la revoir chez nous! Et elle m'a tiré des cartes à distance!



  • Blogs de Chantale, de Méli, de Cath, de Rox....!!



  • Découverte de la crème (la vraie!) à 100F avec Mohamed et le partage de cette découverte avec les autres toubabou! Mais, c'est tellement trop bon, j'ai en abusé un peu...



  • Le + gros des coups de coeur: Toutes les lettres SOS reçues avant mon départ!! Ce sont des gâteries sans prix, qui me réchauffent, me réconortent, me font rire, me rendent aussi nostalgique me plongent le temps d'une page ou 2 dans une réalité, qui est mienne, mais hors contexte... Ouf, j'adore ça! Merci, vous contribuez, à votre manière à la réussite de ce voyage, je sais que je ne suis pas seule, que vous existez encore! Vous êtes présents, au-travers mon coeur, mon esprit et vous m'accompagner, malgré vous dans mon périple! Elles sont toutes des coups de coeur!! Et comme je ris à certaines... Je pense vite comme ça à celle d'édith!! Du bonheur en lettre pour chacune d'elles!





C'est l'Afrique

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