lundi 27 avril 2009
voir noir ou blanc?!
OUI, c'est ça, dernière semaine de stage, dernière semaine à la concession, dernière semaine avec mes collègues de travail, dernière semaine du quotidien que j'ai apprécié d'une façon trop grande! Ce cadeau m'était-il destiné? Pas de maladie, pas de difficultés d'adaptation, pas de désagrément, merci, merci la vie!! (clin d'oeil aux CFCIstes Burkinabées!)...
La tête dans les préparations du voyage, des bagages, dans la logistique du départ trop imminent, les courses dernière minutes, dans la planification du retour en sol québécois, trop de choses se passent en parallèle dans ce même endroit!
L'esprit contrarié, déchiré, sentiments contraires, noir, blanc? Gris??!... Heureuse de l'avenir à très court, court et moyen terme (le long terme, connaît pas!), attristée de laisser tout ce bagage au prix de cet avenir... L'avenir que je me suis tracé, c'est le retour au Québec entre la fin juin et dans la première semaine de juillet, c'est graduellement réintégrer mon univers québécois, c'est le retour au travail, c'est le déménagement à Québec pour débuter mon nouveau projet de vie! L'université Laval, programme agronomie... On verra ce que je ferai d'une année comme celle-là (celle à venir), parce que je suis pas capable de planifier mon avenir à long terme encore!! Qui sait, il se déroulera peut-être en terre malienne!
L'âme qui a de la difficulté à assumer ces moments de dures réalités, qui voudrait voyager sans cesse entre l'Afrique et son univers maternel... Faute d'avoir eu recours à mes stratégies d'adaptation en cas de difficultés ici en Afrique, je devrai mettre au point des stratégies en cas d'un retour difficile... Mais je sais que j'ai un entourage unique qui saura me comprendre, avec qui je pourrai échanger sans censure sur des propos et sujets des plus intéressants...
Cadeau innattendu il y a 2-3 semaines. On s'est régalé de délicieuses crêpes au sirop d'érable pur à 100% (comme écrit sur la canne!). Grand merci à Mélina qui nous a généreusement gâté ce dimanche-là!!
Et à mon tour, j'ai joué la cuisto! Poutine au ti-pois verts, sans ketchup a été au menu la semaine dernière! On a eu la chance de recevoir Lamine, le malien de Christine et Mohamed, qui ont apprécié (en fait on ne le saura jamais vraiment!!). Nous étions nombreux à nous régaler. 25 patates, qui ont finalement fini en purée dans l'huile de la casserole, parce que je n'étais pas douée pour me servir d'une casserole pour faire frire mes frites!! Heureusement, j'ai bien récupéré la situation en allant acheter 650 F de frites dans la rue, tâche qui était trop évidente pour que je la fasse dès le début!
Hier, fête mondiale de Bob Marley! Show hommage à l'Exodus, dans l'Hippodrome. Beau bar en plein air, doté d'une scène, d'une très belle terrasse et d'une piste de danse pour pouvoir s'éclater! Une seule toilette! Grosse bière un peu chère (1500 F, 3,75$), ambiance des plus euphorisantes, agréable, en compagnie de Christine, Mélina, le beau Alpha (!!, mais non, pas d'histoire avec Alpha, il est engagé et il ne m'intéresse pas du tout!) et de Mohamed. Je profites des derniers moments bamakois en compagnie de ce beau monde qui a fait partie de mon quotidien.
Pas encore de photo... Je ne suis pas au labo, je suis au cyber, où je ne brancherai plus jamais mon disque dur ou mon appareil photo parce que j'ai appris tellement des bonnes leçons des conséquences que j'ai eues en le faisant!! Dès que j'en ai le temps, je vous en transmets quelques-unes!
L'avenir à très très court terme pour moi, c'est de faire mes valises, aller faire le séminaire d'insertion à Sébénikoro avec tous les autres CFCIstes du 16 au 19 mai, puis retour à Bamako le 19-20 et peut-être le 21 mai. Ensuite "only god and john knows"! Départ le 21 ou 22 mai, à parcourir le Mali, le Burkina et le Ghana (Inch Allah!). Retour quelques jours à Bamako pour le véritable adieu et prendre le vol en direction du Maroc. Puis, séjour de quelques jours à quelques semaines au Maroc (max 2 semaines je crois), et fatalité oblige, retour au Québec!! Déracinement de ma culture d'accueil des 4 derniers mois pour aller m'enraciner à nouveau au Québec.. Avec un peu de poudre d'enracinement, la plante va survivre et fleurir à nouveau! En se mettant à l'aise dans son pot, en amménageant son terreau à sa guise, avec de l'amour et de l'eau fraîche de ses proches, c'est tout ce qu'elle a besoin pour s'épanouir!!
Je vous invite à continuer à suivre mes aventures, même si je ne serai pas stable, je vais continuer à donner des nouvelles via mon blog. A vot' tour d'en faire autant, j'veux de vos nouvelles!
Cafards 0, Vicky 1
Vendredi soir dernier, je revenais de Boulkassoumbougou (il faut y aller tranquillement pour la prononciation J et faire attention pour ne pas s’accrocher la langue), un quartier de Bamako, où j’ai été passer la soirée avec un collègue et ami au travail. A la fin de la soirée, il est venu me reconduire à la maison où il régnait une profonde pénombre dû à une panne de courant. Cette nuit-là, il y avait seulement Catherine à la maison, Michel étant en train d’effectuer son 3e séjour à la clinique (dû à un second palu… dû à un peu de négligence de sa part… !). Catherine dort maintenant dans le passage depuis plus d’un mois, comme c’est moins chaud que dans les chambres. Elle dormait quand je suis rentrée et je suis allée me coucher presqu’en arrivant, sans ventilateur, puisque pas d’énergie pour l’alimenter. Donc, la deuxième chose que l’on remarque quand on a pas de ventilo (la première étant qu’il fait pas mal plus chaud !), c’est qu’on entend tous les petits bruits qui règne dans la chambre, car il n’y a pas de bruit de fond pour les dissimuler… On devine où je veux en venir… ?! À peine confortablement installée dans mon lit, commençant à suer des oreilles ( !), la moustiquaire toujours bien refermée, fortement coincée sous mon matelas, je me sens m’assoupir enfin. Et puis, HORREUR !! J’entends des petits bruits de cliquetis, un peu comme quand on joue délicatement dans un tas de feuilles chiffonnée, juste près de ma tête !! Ah non !! Là, je m’empresse d’ouvrir la lampe frontale que je prends toujours soin de coucher près de moi, sous la moustiquaire pour des raisons de sécurité (comme pour cette raison-là !). Fuyant la lumière, je vois le coupable de ce bruit marcher sous mon lit pour se diriger vers mon sac à dos entrouvert, déposé par terre. Malgré la chaleur, la chaire de poule me gagne rapidement, j’ai le poil hérissé et j’ai peur de sortir de mon lit !! Je suis complètement horrifiée à l’idée que le cafard pourrait monter sur mon lit !! Je prends mon courage à 6 mains, je me découvre de ma cachette me donnant l’impression d’une sécurité et je vais allumer la lumière, malheureusement situé juste au-dessus de mon sac à dos (éventuelle cachette de LA bête !) J’ouvre la lumière, je sors de la chambre, légèrement vêtue ( !), puis je ne bouge plus regardant et écoutant tout signe de vie pouvant dénoncer la présence de cet être si « ouaach »!! Catherine s’est réveillée entre temps et me voit dans cette position immobile attendant elle ne sait quoi ! « Ça va ? » qu’elle me demande d’un ton mi-inquiet en riant un peu… Eh bien non, ça ne va pas très bien ! J’ai un cafard dans ma chambre, comment pourrai-je me rendormir sachant qu’il est encore là, il faut l’attraper ! Voyant que je n’allais vraiment pas allée me recoucher sans l’avoir coincé dans le pot de beurre d’arachide vide et propre servant de piège à cafards, elle est venue à ma rescousse. On s’est retrouvé toutes les 2, en bobette, camisole à 1h du matin, en train de soulever les 2 lits de ma chambre, pousser les 2 commodes, soulever mon sac à dos du bout d’un manche à balai, à la recherche DU cafard. Après une demi-heure de recherche active, on ne l’a pas trouvé. Je panique à l’idée de retourner dans mon lit sans l’avoir attraper. Soudain, tout près de mes pieds, derrière la porte ouverte de ma chambre, encore LE bruit !! Et là, je le vois ! PANIQUE ! Catherine elle n’a pas peur, elle sait se raisonner et tente de me raisonner aussi, sans résultat ! Elle m’oblige à mettre moi-même le pot sur cette chose. Je tremble, mais j’y arrive ! Très patiente, Catherine jase un peu avec moi et me dit que c’est moi qui devrai aller le flusher dans la toilette. Je ne veux vraiment pas, mais je n’ai pas le choix… Elle ne bouge pas de là, m’observe avec insistance et elle a un regard traduisant beaucoup de choses ! Après une totale perte de temps, perte de sommeil, je me convaincs que je dois le faire moi-même… Et j’y arrive ! Je glisse le cafard dans le fameux pot, le jette brusquement dans la toilette, je tire rapidement la chaine et je prends bien soin de refermer le couvercle de la toilette après ! Finalement, à 2h du matin, l’aventure se termine !! Après une heure de total délire de ma part ! Et pour être sûre qu’aucun autre ne se risque dans mon espace, je laisse la lumière de la chambre allumée pendant le restant de la nuit… Histoire de les décourager à entrer. Je ne dors que d’un œil, je vois toutes les heures défiler ! Le corps humain n’a pas l’habitude de dormir avec une telle lumière régnant en plein nuit, mais moi je ne veux pas en voir un second !
Toute cette histoire est malheureusement vraie. Je suis vraiment apeurée à la vue de ces insectes affreux. C’est drôle, parce que lors de mon séjour en Amérique du Sud, je cohabitais très bien avec beaucoup d’insectes et des pas mal plus gros que des coquerelles. Comme je suis en ville ici, il y a très peu d’insectes. Je ne suis pas entraînée comme en Équateur ! Et des histoires comme celles-ci arrivent… Je retire une morale par contre… Je réalise que ce sont des trucs anodins comme ceux-là qui me gardent éveiller en pleine nuit, qui m’inquiètent, qui me font trembler et qui me tracassent trop. Il n’y a pas besoin de craindre pour ma vie à cause de ces bêtes. A part leur look inspirant un profond dégout, elles sont totalement inoffensives… Elles ne mordent ni ne piquent… Et moi, je n’ai pas de souci sauf ÇA… Ce n’est pas la faim, ni l’insécurité, ni la maladie… Comme des millions d’Africains Je ne tire pas des charges de 200-250 kilos sur des pousse-pousses (chariot monté sur 2 roues de bicyclette avec un manche servant à tirer ou à pousser et une plate forme de la superficie d’un mètre par un mètre environ). C’est le gagne-pain de beaucoup de jeunes et moins jeunes garçons. Plus la charge à transporter est lourde, plus c’est payant. Et c’est comme ça que desfois, on voit 4 à 6 sacs de riz de 50 kg chaque empilés dans un seul chariot, un seul homme. Ils poussent ces charges impossibles à travers les rues achalandée, les voitures, les bicyclettes, les motos, les ânes, les trous, les caniveaux… On les voit même dans le marché, endroit assez exigu et difficilement accessible avec un chariot large d’un mètre. Ce sont des tout-terrains trop vaillants… Ces hommes sont souvent très minces et ne demandent qu’à travailler pour manger un peu le soir. Quand les sotramas arrivent à un arrêt avec une charge sur le toit, on voit tous ces garçons courir après le sotrama, afin que la dame s’occupant des ces sacs mandate l’un d’eux à traîner ces cargaisons pour elle…
Moi j’assiste encore une fois impuissante à des scènes comme celles-là. Que dire, que faire, comment agir ? HAaaa ! Eux qui travaillent aussi durement que des mulets à longueur de journée à des températures frôlant les 45°C vs moi qui traîne, insouciante, dans le marché à la recherche d’un quelconque achat de matériel textile pour ramener dans mon pays si riche… ! Ouf, ça fait mal. Est-ce qu’on mérite des sorts comme ceux-là, qu’ont-ils fait ces Africains pour s’en sortir avec de telles conditions de vie ? Et les Blancs, que font-ils pour remédier à ça ? Eh ! Pas grand-chose, parce que ça nous arrange bien que les pays du tiers-monde, rebaptisés « pays en voie de développement » (pour notre bonne conscience !) le restent. On a besoin d’eux ! On a besoin de l’or qui dort sur leur territoire et qu’ils exploitent dans des conditions encore une fois abominables. Parce que s’ils s’en sortent, y’a plus personne qui pourra se graisser la patte au passage… Ils doivent faire vivre les plus gras de cette planète !! C’est une tâche des plus ingrates… Je vois aussi dans les rues, des banderoles qui affichent : « le pétrole, l’espoir de demain ». Wow, ça donne le goût de s’y investir et on arrive à en convaincre beaucoup de ces espoirs… Les propos d’une CFCIste résonnent… « L’espoir de demain, le désespoir d’après-demain… ».
Je n’ai plus peur des cafard maintenant. Je dors dans le noir et j’ignore les bruits de cliquetis. Je ne tremble à l’idée d’en voir ou d’en entendre un. Je suis immunisée...
On est bien au Québec, il faut le réaliser !! Un séjour africain replace les idées à la bonne place. Arrêtons de se lamenter de la température instable, des pelouses jaunies, de la mauvaise odeur (moi aussi j’arrête !) du fumier printanier… C’est qu’on est bien insouciants de ce que pourrait être notre condition si notre étoile ne nous avait pas mis au monde dans un « pays industrialisé »… Séjour en Afrique recommandé pour tous les plaintifs de tout et de rien !
Je me ventais de ma tolérance accrue envers des éléments à lesquels je suis exposée ici et que j'espère ramener au Québec… Eh bien, gare à mon intolérance face à des discours aussi vaporeux et sans consistance que ceux-ci ! J'aurai bien peu de compassion...
vendredi 24 avril 2009
Je vis, je vis ici à Bamako!
Le Vieux (le petit garçon) et son père, Bouyé
Du spagetthi home made (en fait, plus la sauce que les pâtes !)
Faire du vélo avec le vent frais et l’air marin du fleuve
Mon chat !!
Une soirée BBQ avec la famille et le cook du BBQ (David !!)
Le P.P. en été
Prendre une bière autour d’un feu de camp, à faire griller des Doritos et s’émerveiller devant les prouesses de David et les light sticks éclatés!
Mon chat !!!
Les lacs et rivières du Québec
Les fous rires avec David et mon père ! Qui réussira le plus à me faire rire… ?
Je m'ennuie de mon frère je crois aussi!! J'ai hâte d'aller prendre une bière su vot' nouveau perron!
Mercredi, c’était férié. Je l'ai appris le mardi matin, en arrivant au labo. Ça faisait bien mon bonheur, les levers à 6h à tous les matins commencent à être lourds. Surtout quand aucune fraicheur ne règne dans l'air, la douche n'est plus rafraichissante, les courants d’air ne font qu’amené encore plus de chaleur, les maux de cœur m'habitent pendant au moins la première heure de la journée... Dans ce temps-là, je n'ai le goût de rien, la sueur coule et coule encore sur mes tempes et entre les seins... Mon corps ankylosé par la chaleur intense ne réclame que mon lit avec une serviette mouillée et mon ventilateur!!! C’est comme ça que s’entament mes journées à Bamako. Plus les heures avancent, plus mon corps se réchauffe et s’assouplit. Je me réveille tranquillement et lorsque je sors de la concession, je n’ai guère le choix d’être prête à affronter la vie ! Klaxon, passants déambulant avec leur charge sur la tête, trous de bouette, senteur fraîche de caniveaux matinale, odeur de frou-frou bouillant dans l’huile. Mon nez est sursollicité et travaille très fort à démêler le bon du mauvais. Normal que j’aie si mal à cet endroit ! Je me demande si je pourrai à nouveau sentir des odeurs subtiles et agréables telles que l’air du fleuve, l’air humide de nos forêts, le bois fraîchement coupé, le linge fraîchement sorti de la sécheuse avec une feuille d’assouplisseur (même si je ne veux pas de linge fraîchement sorti de la sécheuse !)… Et même, j’aimerais 100 fois mieux sentir le fumier québécois, qui pour moi est pur à côté de ce à quoi je suis exposée ici !
Malgré cette chaleur qui fait bouillir mon cerveau, je crains encore et encore le départ. J'ai l'impression que c'est hier encore que j'ai déposé mes valises pour la première fois dans la troisième chambre à partir de la droite à la concession. Que c'est hier que je ne voulais pas les défaire parce que l'excitation et la frénésie de cette nouvelle aventure m'en empêchaient!! J'ai l'impression que c'est hier que j'ai dit "enchantée" à Abdoulaye, Sadjo, Fatoumata, Baba, Koso, Kadi, Adam, Awa... Ma famille! Et déjà demain, je leur dirai aurevoir. "Donnez-moi le courage d'accepter les choses que je ne peux changer, la force de changer celles que je peux et la sagesse d'en connaître la différence" (pensée de maman!) Hier, j'ai fait la connaissance de Lucie. Ancienne CFCIste (est-ce que je peux dire ancienne, on ne l'est pas toute sa vie?) super gentille qui a fait son stage au Mali, à Bamako et qui vivait à la concession, chambre voisine de la mienne en automne 2007. Elle est de retour au Mali pour quelques mois, elle est accompagnatrice pour un groupe de Québec Sans Frontière. Elle, elle a trouvé la manière de revenir! Moi aussi je veux faire ca! C’est un des éléments motivateur qui m’encourage à partir, je sais que j’ai une possibilité de revenir un jour !
Décompte rendu à 3 semaines de stage… Je suis loin de mettre des "X" sur mon calendrier pour compter les jours avant la fin, au contraire, je m'éloigne du calendrier pour ne pas voir les jours défilés à cette vitesse..! Je ne réalise pas que je devrai revenir au Québec et que mon quotidien ne sera plus celui-là, que j'aurai une nouvelle routine, loin de celle que j'ai actuellement... Je vais m'y faire, j'en suis sure... Il y aura par contre une réadaptation à faire à mon Québec, que j’aime !
Et mon retour est aussi en préparation, à distance. On nous a dit que c’est important de bien le préparer, afin de bien réintégrer sa culture… C’est en marche déjà ! Il y a bien du nouveau et du nouveau motivant pour le retour en terre louperivoise… Pour débuter, en primeur, je ne l’avais pas encore annoncé au grand public, c’est le retour un peu plus hâtif que prévu ! La date exacte n’est pas fixée, je vais en discuter avec ma future partner de voyage dans le mois de mai, lors de notre séminaire d’insertion. Puis, à l’automne, c’est un nouveau départ pour moi, un nouveau défi ! Je réintègre la place sur les bancs de l’école, cette fois sur les bancs universitaires !! J’ai vraiment hâte de recommencer l’école, cela m’enchante et me motive… Pour le mois de septembre, j’ai de nouveaux plans qui commencent dans une nouvelle ville et un nouvel appart, wow!! Mais, j’en connais encore peu sur la question : « où ? » ! Ce qui est sûr, c’est que je retourne à l’école et je trouve ça motivant comme retour ! Parce que ça fait changement et j’aime le changement ! J’ignore quand je pourrai être stable dans ma vie, avoir une profession qui m’occupe de 8h à 16h quotidiennement et 3 semaines de vacances par année… Ca m’angoisse juste à y penser ! Et voici pourquoi je suis rendue ici !
Le week-end dernier en fut un typiquement bamakois! Je vais au marché avec Koso, à la recherche de bazin. C'est beau le bazin, mais c'est cher! Achat de photos-modèles, achat d'un foulard, puis visite chez le tailleur! Chez le tailleur, c'est fou! J’ai les yeux écarquillés qui regardent partout et je suis éblouie par tous les beaux costumes… Je me mets à m’imaginer portant l’un d’eux… J'ai trop d'idée, subitement, je veux plein d'habits! Je veux une garde-robe malienne! Des couleurs qui ne sont pas vraiment agencées, des tissus aux couleurs de l'arc-en-ciel et plus encore et ornés de motifs tous aussi originaux les uns des autres, des hauts 4 fois trop grand, des foulards coiffant la tête de ces chères dames si fières... Voilà en résumé comment on s'habille ici. Je n'aimais pas ca, vraiment pas. Et je me retrouve aujourd’hui, envieuse de ces accoutrements! Je me retiens par contre, par chance pour vous ! Je sais qu'au Québec, j'aurais l'air d'un clown, un beau clown! Et les hommes avec leurs habits traditionnels... Ha ha! Ils ont l’air d’être en pyjamas! Mais, c'est beau! Après la rêverie, je discute avec le tailleur. Je termine enfin de lui expliquer ce que je veux. Il prend mes mesures et il m’invite à m’asseoir, en attendant qu’il termine l’habit de Koso. Je suis épuisée, il fait chaud, très CHAUD! De midi à 15h, les activités sont pénibles, tous les gestes sous le soleil sont calculés en fonction de conserver le plus d’énergie possible et de ne pas surchauffer son système. C’est laborieux, voire même dangereux de déambuler en plein soleil dans ces heures. Il faut s’assurer d’avoir accès à de l’ombre régulièrement. Chez le tailleur, il est 14h30. Nous venons de faire toutes nos commissions dans les pires heures de la journée. Je regarde Koso qui essaie ses vêtements et tranquillement, je sens que mes paupières deviennent lourdes et se ferment involontairement… Je me repose les yeux un peu... Et j'entends "Eh, toubabou! Sonogo be la?" (Eh l'étranger, tu t'endors?), d'une voix assez forte pour être certain que je me réveille!! Je remarque ici que l’on n’accorde pas trop d’importance à celui qui se repose. Si on le réveille maintenant, ce n’est pas grave, puisqu’il pourra se reposer plus tard. On a le temps ici. Ma sieste est terminée, on part, on retourne enfin à la maison sous les moins chauds (mais tout de même chauds) rayons de soleil !
Le week-end d’avant, j'ai eu la chance de vivre un vrai week-end à l'africaine!! Plein de péripéties, heureusement en bonne compagnie et encore en vie!! Le vendredi soir, je me suis rendue à Kati, rejoindre Chloé et Chantale. On a mangé ce que Mme Sissoko avait cuisiné pour nous. Il s’agissait de chacun 2 patates, très huileuses, dans un liquide majoritairement composé de magie (base de poulet extrêmement salée et avec beaucoup d'agent de conservation, qui rend le tout difficile à digérer...). C'est leur souper, quand ce n’est pas frites-salade ou des haricots… Elles n’ont pas beaucoup de variété ces katoises… La samedi matin, très tôt, nous sommes partis vers Siby. Pour nous faire plaisir, le collègue de Chantal, Bouyé, qui nous a amené là avec sa voiture, a insisté pour nous montrer l'arche de Siby au sommet d'une colline, toujours à bord de sa voiture... C’était une route très cahoteuse, escarpée et parsemée de nombreux gros cailloux… Résultat (prévisible): le réservoir d'huile troué et l’huile répandue sur la terre, le silencieux fortement abîmé et 3 toubab qui poussent la voiture jusqu'au goudron, entourés des enfants riant de bon cœur en nous voyant à l’œuvre ! Par chance, la voiture est tombée en panne juste après la descente de la colline, car sans les freins, la descente aurait été un peu plus agitée ! Heureusement, nous avions un farafi (noir) avec nous, ce qui nous aidait à un peu moins faire rire de nous!! Bilan de la journée: Attente interminable au garage (faut le dire vite, petite pente près du goudron avec plein de voiture et moto en réparation), avec petite sieste, repas délicieux au restaurant «
Chèvre de Siby, mangeant le crâne de sa soeur!
En ce moment, je suis dans un cyber, un nouveau depuis la chicane avec celui à côté de la maison. Je n'ai pas été stratégique dans ces actions-là... Parce que celui où je me retrouve présentement, il est à plus de 10 minutes de marche de la maison… Tandis que l’autre, j’avais seulement 2 goudrons à traverser pour arriver... J'assume mes actes! Et maintenant, je marche plus longtemps pour me rendre au cyber! A 16h, y’a pas de problème, mais à 14h, y’a des problèmes ! Alors tout ça pour dire que dans le cyber, depuis le début que je suis ici, le gars assis à côté de moi n’arrête pas de me parler. Après 4-5 phrases pour se présenter et s'introduire, il me demande: "eh, pourquoi on ne sort pas ensemble?" Non, mais c'est vrai, j'y avais pas pensé, pourquoi?! Bonne question! Et là, voila qu'il me demande (et j’ai peine à l’entendre tellement il ne parle pas fort) : « ça ne vous embête pas que je regarde ça ? » et il me pointe l’écran montrant des scènes porno en pleine action !! Ha ha !! Je ne me peux plus ! J’imagine une scène comme ça au Québec ! C’était sûrement pour me provoquer j’imagine. Je n’accroche pas ! Je me sens mal pour lui !
Ici, quotidiennement, je pratique ma tolérance, et mon indifférence face à des choses que je ne peux pas changer, aux contraintes humaines je devrais dire! L'attente, le changement d'horaire sans préavis, la planification d’une journée, d’une semaine, d’une vie minute à minute… ! Ce sont les réalités d’ici ! Je veux me souvenir de la souplesse dont j'ai très souvent fait preuve, je veux me souvenir de la manière dont j'étais prête à faire des compromis et à m'adapter aux changements... Qualités d'une québeco-malienne à conserver à tout prix, à se remémorer chaque fois que l'occasion se présentera, en cas de besoin... Ils sont faits fort ces Maliens pour, jour après jour, faire fi de ces conditions qui sont loin d'être facile au quotidien, croyez-moi !
Je vous dit Kambé mes amis!!